 La psychologie sociale s'int�resse � l'individu dans sa vie quotidienne. C'est "M. Toulemonde". On ne s'int�resse pas aux pathologies de l'individu. C'est le domaine d'�tude qui analyse la fa�on dont les comportements, cognitions (pens�es) et affects (�motions ou sentiments) de l'individu sont affect�s par le comportement et les caract�ristiques des autres, les caract�ristiques de la situation dans laquelle l'individu est ins�r� ainsi que par ses propres caract�ristiques psychologiques et sociales.
Le conformisme (influence majoritaire)
C'est lorsqu'un individu change son comportement pour le
mettre en ad�quation avec le comportement d'un groupe majoritaire. Il
existe trois aspects importants du conformisme qui permettent de le
dissocier des autres formes d'influences sociales : - Le conformisme est un ph�nom�ne intra-groupe. - Le conformisme renvoie � une pression implicite
(le groupe n'a pas une volont� explicite d'influencer un de ses
membres, l'individu n'a pas toujours conscience d'�tre influenc�). - Il n'y a pas de rapport hi�rarchique entre la source et la cible d'influence. Les membres du groupe ont le m�me statut.
a) L'exp�rience de Asch
But : montrer jusqu'� quel point l'individu peut changer son avis pour adh�rer � celui d�fendu par la majorit�.
Un groupe de 7 � 9 comp�res (qui connaissent le but de l'exp�rience)
est r�uni avec un sujet "na�f". Leur t�che est de donner une r�ponse �
haute voix et � tour de r�le � un test de perception visuelle :
distinguer si une pastille est verte ou bleue (le sujet na�f croit que
le test est li� � cela et est plac� en avant-derni�re position). Sur 18
essais, les comp�res donnent ensemble 12 mauvaises r�ponses.
Dans la situation exp�rimentale, les
participants "na�fs" se rallient � la mauvaise r�ponse donn�e par les
comp�res dans 33% des cas. >> En moyenne, on abandonne une fois sur trois sa conviction personelle pour se rallier � une majorit�.
b) Comment expliquer le conformisme ?
Asch demande ensuite aux participants pourquoi ils ont abandonn� leur avis personnel. Il obtient deux types de r�ponses : - La peur du ridicule, d'avoir l'air idiot, d'�tre rejet� (PEUR DE LA DESAPROBATION SOCIALE), - Le doute quant � la validit� de sa propre r�ponse.
Deux formes d'influences sociales expliquent le conformisme : - L'influence informationnelle : utilisation des r�ponses des autres pour avoir des informations sur l'exactitude de sa propre r�ponse. C'est un conflit cognitif. - L'influence normative : l'individu suit le groupe parce qu'il cherche � respecter les normes �tablies par celui-ci. C'est un conflit motivationnel.
L'influence informationnelle est particuli�rement importante quand on est confront� � une t�che que l'on ne ma�trise pas. L'influence normative est importante quand le groupe est important pour nous (des gens que l'on sera amen� � revoir).
c) Les facteurs qui influencent le conformisme
- caract�ristiques de la t�che : difficult�, ambig�it� - caract�ristiques de la personne (cible d'influence) : - caract�ristiques personnelles, confiance en soi (confiance en ses propres comp�tences, estime de soi)
- caract�ristiques sociales : culture, sexe... (ex : le comportement
conformiste ne se manifeste pas avec la m�me force dans une culture
collectivisteou dans une culture individualiste) - caract�ristiques du groupe (source d'influence) : taille, unanimit� - relations personne-groupe (attrait au groupe, statut de l'individu au sein du groupe, interd�pendance individu-groupe).
L'innovation (influence minoritaire)
La majorit� l'emporte souvent dans une situation de groupe, mais il n'y aurait jamais de changements sans l'innovation. Innovation : influence sociale minoritaire visant � cr�er des comportements nouveaux ou � modifier les comportements existants.
a) L'exp�rience de Moscovici, Lage et Naffrechoux (1969)
Exp�rience construite � l'image de l'exp�rience de Asch sur le conformisme. >
Constitution de groupes de six personnes confront�es � une t�che
perceptive relativement �vidente (�valuer successivement lacouleur et
l'intensit� lumineuse de six diapositives bleues). Quatre participants
"na�fs", deux comp�res (qui joueront les innovateurs). Les participants
et comp�res donnent � tour de r�le et � haute voix leur r�ponse, les
comp�res sont en position 1 et 2. > Les deux comp�res donnent une r�ponse erronn�e quant � la couleur (vert) >
Mise en place de groupe "contr�les" compos�s de 6 sujets na�fs qui
donnent leur r�ponse par �crit (on conna�t ainsi le pourcentage
d'erreur).
Dans la situation exp�rimentale, les
participants se rallient � la mauvaise r�ponse donn�e par les comp�res
dans 8,25% des cas, contre 0,25% d'erreurs dans les groupes contr�les. Une majorit� peut �tre cible d'influence, mais une minorit� semble avoir plus de difficult�s � influencer qu'une majorit�.
Deuxi�me �tude, effectu�e sur les m�mes participants que ceux de la premi�re �tude :
But : analyser l'impact d� � l'influence minoritaire sur les plans psychologique et perceptif (pas sur le plan comportemental). Un
exp�rimentateur pr�sente aux participants une s�rie de pastilles allant
du bleu au vert. Leur t�che est de classer les pastilles en deux
groupes bleu/vert.
Suite � une influence
minoritaire, les participants voient les couleurs plus vertes, ils ont
abaiss� leur seuil de d�tection du vert. Les participants classent plus de pastilles dans le vert que ceux du groupe contr�le. Il y a une modification plus ou moins inconsciente de la perception visuelle. L'influence minoritaire influence + les structures psychologiques que les structures comportementales.
b) Comment expliquer l'influence minoritaire ?
La minorit� a une influence sur la majorit� mais doit faire preuve de consistance (�tre cat�gorique, avoir et maintenir une position coh�rente). Cette consistance se situe sur deux plans :

Exp�rience : Les comp�res ne sont pas toujours d'accord
entre eux (pas de consistance sociale) et changent d'avis d'une fois
sur l'autre (pas de consistance interne). Les r�sultats confirment l'absence d'influence (quasi �galit� avec les groupes contr�le).
Exp�rience : Les comp�res adoptent un comportement plus flexible mais toujours consistant. L'influence est encore plus importante (21% desparticipants suivent la r�ponse erron�e).
Face � une minorit� consistante (interne + sociale), les individus se voient confront�s � des personnes qui semblent convaincues de leur position et qui semblent avoir raison d'�tre convaincues puisque cette position acquiert une certaine validit�, �tant partag�e. L'individu se laisse donc influencer.
c) Comparaison conformisme-innovation

L'ob�issance (soumission � l'autorit�)
On parle de soumission � l'autorit� lorsqu'un individu change
de comportement afin de se soumettre aux ordres �manant d'une autorit�
per�ue comme l�gitime. Diff�rentes caract�ristiques de cette forme d'influence sociale : - elle se situe � un niveau interindividuel (conformisme et innovation sont des ph�nom�nes intragroupes) - elle implique un diff�rent statut entre source et cible d'influence : un rapport hi�rarchique - la pression de la part de la source d'influence est explicite : il y a volont� d'influencer.
a) L'exp�rience de Milgram (ann�es 1960-70)
Milgram veut d�terminer jusqu'o� les
individus peuvent aller dans des actes odieux, simplement parce qu'une
personne qui repr�sente une sup�riorit� le leur a demand�. Les
participants sont recrut�s par petite annonce. Au moment o� un
participant arrive au laboratoire, on lui explique que la recherche
porte sur le r�le de la punition dans l'apprentissage. En m�me temps,
un comp�re (une personne qui conna�t le but de l'exp�rience) se
pr�sente. Par un tirage au sort truqu�, on d�termine que le comp�re
jouera le r�le de l'�l�ve et que le participant na�f jouera
l'enseignant. La t�che de l'enseignant est de faire apprendre une
liste de mots associ�s (ex : ciel-bleu) � l'�l�ve puis � l'interroger
en lui donnant le premier terme. Le comp�re fait volontairement
des erreurs, et l'enseignant doit punir l'�l�ve avec un choc �lectrique
d'intensit� croissante (entre 15 et 450V). Le comp�re est attach�
sous les yeux du participant sur un fauteuil avec des �lectrodes sur
les bras. Le participant est ensuite conduit dans une autre pi�ce par
l'exp�rimentateur, o� il pourra entendre ce que dit l'�l�ve. On lui
confie une manette gradu�e de 15 � 450V (avec des explications en face
de chaque tension quant � la gravit� d'un choc sur l'homme). �videmment, le comp�re ne re�oit pas r�ellement de chocs mais est acteur, pousse des cris. >
Le comp�re donne des r�ponses fausses selon des s�quences pr��tablies.
Le sujet punit le comp�re, et � chaque r�ponse fausse il doit augmenter
la tension de 15V. Celui-ci mime la douleur et fait progressivement
signe de vouloir arr�ter l'exp�rience. Lorsque le sujet h�site ou
refuse de continuer, l'exp�rimentateur insiste pour qu'il continue. >
L'exp�rience est consid�r�e comme termin�e lorsque le participant
demande trois fois d'arr�ter ou inflige trois chocs de 450V.
On met en place des groupes contr�les, o� les participants choisissent eux-m�mes l'intensit� � administrer.
65% des participants ont �t� jusqu'au bout, soit la mort de l'�l�ve, par trois chocs de 450V. Dans
les groupes contr�les, on n'a administr� que des chocs faibles. On en
d�duit que l'ob�issance s'explique par soumission � l'autorit� et non
pas par choix. Cette exp�rience est reprise dans diff�rentes cultures et l'on obtient des r�sultats similaires.
b) Comment expliquer la soumission � l'autorit� ?
Facteurs psychosociaux : - Les sujets ob�issent � un personnage dot� d'autorit�, abandonnent leur �tat d'autonomie pour adopter un �tat d'agent. Ils ne se sentent plus responsables de leurs propres actes, se consid�rent comme l'instrument de la volont� d'autrui. Ils ne se posent plus la question du bien ou du mal, estiment qu'ils n'ont pas � juger leurs propres comportements. - Int�riorisation d'une norme de soumission : la soumission est une norme sociale apprise dans l'�ducation. - L'engagement : le choix d'un comportement me pousse � continuer ce comportement ("j'y suis, j'y reste"). Le sujet est progressivement engag� dans l'escalade des punitions (15v par 15V).
Les
r�sultats de Milgram s'expliquent aussi par des facteurs du contexte
(Milgram est connu, n'est jamais remis en question, son laboratoire est
renomm�...)
c) Les facteurs susceptibles d'att�nuer la soumission � l'autorit�
> Proximit� de la victime : - contact physique (l'enseignant doit appliquer la main de l'�l�ve sur une plaque �lectrique) : 30% d'ob�issance - proximit� (enseignant et �l�ve dans la m�me salle) : 40% d'ob�issance > Prestige institutionnel plus faible (bureaux d�labr�s, exp�rimentateur inconnu) : 48% d'ob�issance > Autorit� per�ue comme non l�gitime (ordres venant d'un comp�re) : 0% d'ob�issance > Autorit� remise en question par un autre exp�rimentateur : 0% ; par un comp�re : 10% d'ob�issance >
�loignement de l'autorit� (exp�rimentateur dans une autre pi�ce) : 21%
d'ob�issance (les participants mentent � l'exp�rimentateur).
07 janvier 2005
Dissonance cognitive et changement d'attitude
a) Th�orie de la dissonance cognitive
La dissonance cognitive est une influence qui se manifeste non sur le comportement mais sur les attitudes (pens�es) : elle se situe � un niveau intra-individuel. L'individu est influenc� par lui-m�me. Attitude = structure mentale qui renvoie � notre position, notre �valuation � l'�gard d'un objet quelconque et qui nous pr�dispose � agir d'une certaine fa�on par rapport � l'objet en question. Les attitudes ne sont pas observables directement.
Rapport r�ciproque entre attitudes et comportements Nous
sommes influenc�s par nous-m�mes : nos comportements sont influenc�s
par nos attitudes et, de m�me, les comportements peuvent faire �voluer
les attitudes
Dissonance cognitive : Pr�sence simultan�e
d'�l�ments contradictoires dans la pens�e de l'individu. Cette
dissonance est souvent le r�sultat d'un d�saccord entre attitudes et
comportements. La dissonance cognitive entra�ne chez l'individu un
�tat de malaise, une tension psychologique d�sagr�able. L'individu met
donc en place une strat�gie permettant de r�duire cette tension : > Strat�gie de rationnalisation : R�duire la dissonance tout en conservant attitudes et comportements. > Ajouter des �l�ments consonants : justifier le comportement dissonant en ajoutant un �l�ment. > Minimiser l'importance des �l�ments dissonants. > Modification d'un des �l�ments dissonants : l'individu peut changer de comportement ou d'attitude. L'�l�ment le moins r�sistant au changement est l'attitude.
b) Exp�rience de Festinger et Carlsmith
Objectif : Provoquer un changement d'attitude en provoquant un changement de comportement impossible � justifier par un �l�ment externe.
>
Les participants doivent r�aliser une activit� ennuyeuse (enrouler un
fil autour d'une bobine) et dire aux participants qui suivent que
l'activit� �tait int�ressante. > Les participants sont pay�s soit 20$, soit 1$ pour donner cette information. > On interroge ensuite les participants sur l'int�r�t r�el qu'ils ont port� � la t�che.
> Les sujets peu pay�s ont jug� l'activit� plus int�ressante que les sujets bien pay�s.

La punition ou menace de punition peut jouer le m�me r�le que la r�compense.
c) Soumission, dissonance cognitive et changement d'attitude
Le changement d'attitude fait suite � un changement
de comportement. N�anmoins, dans la situation exp�rimentale, le
comportement n'est pas choisi. Ainsi, le facteur de soumission �
l'autorit� r�appara�t.

Pour changer les attitudes des individus, il
faut leur imposer des comportements contraires � leurs attitudes tout
en pr�servant une illusion de libert� (remarque personnelle : je ne
peux pas m'emp�cher de penser que c'est ce qu'on toujours fait les
politiques avec nous...).
 La pression doit �tre suffisante pour changer le comportement mais assez faible pour l'individu garde une illusion de libert�.
Perception et cognition sociale
Cette
th�matique renvoie � la fa�on dont l'individu per�oit et interpr�te son
environnement social. L'�tude des perceptions sociales remonte aux
ann�es 1950 avec deux th�matiques principales :
> Comment jugeons-nous les individus inconnus ? > Comment expliquons-nous les comportements des autres ?
1. Premiers travaux sur la formation des impressions
En quelques minutes, nous avons d�j� une impression pr�cise sur la personne que nous venons de rencontrer.
a) Travaux de Asch
Asch cherche � v�rifier deux hypoth�ses :
>
A partir d'un ensemble d'informations plus ou moins disparates
concernant les caract�ristiques de la personne, l'observateur arrive �
se constituer une image globale coh�rente de la personne (image globale
similaire d'un observateur � l'autre).
>
L'observateur est capable d'ajouter ensuite aux caract�ristiques de la
personne de nouvelles caract�ristiques non directement observ�es.
Dispositif exp�rimental :
> Les participants re�oivent une liste de traits de personnalit� > Ils doivent imaginer que ces traits appartiennent � la m�me personne > Ils doivent juger cette personne quant � d'autres traits de personnalit�
R�sultat Une
m�me liste de traits de personnalit� aboutit � des jugements semblables
sur d'autres traits de personnalit� par les diff�rents participants.
Comment l'individu construit-il une image globale coh�rente ?
Hypoth�se Gestaltiste
: l'impression globale ne correspond pas � la somme des informations
re�ues concernant les caract�ristiques de la personne. L'individu
n'additionne pas les informations mais les met en relation.
Pour v�rifier cette hypoth�se, Asch d�finit deux effets :
> L'effet de Primaut� : L'impression globale est plus d�termin�e par les premi�res informations re�ues que par les suivantes. Exp�rience : Asch pr�sente aux participants une s�rie de traits de caract�res en faisant varier leur ordre de pr�sentation. Pour
la moiti� des sujets, la liste d�bute par des caract�ristiques
positives, suivies de caract�ristiques ambigu�s et se termine par les
caract�ristiques n�gatives (A). L'autre moiti� des sujets a la m�me liste pr�sent�e dans l'ordre inverse (B).

La liste A aboutit � des jugements plus positifs alors qu'elle contient exactement les m�mes informations que la liste B.
Explication :
Les premi�res informations re�ues influencent de mani�re d�terminante
la fa�on dont nous interpr�tons les informations qui suivent.
> L'effet de centralit� Ind�pendamment de leur position dans la liste, certains �l�ments ont une importance plus marqu�e que d'autres. Ce sont des �l�ments centraux. Exp�rience : Asch pr�sente une liste de caract�ristiques plut�t positives. Pour un groupe figure � chaleureux � en quatri�me position et pour l'autre groupe il est remplac� par � froid �. Les jugements sont radicalement diff�rents alors qu'ils ne diff�rent que sur un �l�ment. Si Asch utilise � poli � et � impoli � � la place de � chaleureux � et � froid �, l'exp�rience ne fonctionne pas. � Chaleureux � et � froid � sont des traits centraux, ils ont un sens pr�pond�rant.
b) Les th�ories implicites de la personnalit� (Bruner et Tagiuri)
Ces
th�ories renvoient aux croyances quant aux relations qui existent entre
diff�rents traits de personnalit� et permettent de pr�dire les
caract�ristiques d'une personne � partir de quelques informations
connues. Ces th�ories ne sont pas conscientes.


Nous agissons en fonction de l'interpr�tation de la situation et non de la situation m�me. Tous ces facteurs peuvent se combiner.
Mod�le de la co-variation (Kelley) L'individu s'appuie sur trois sources d'information pour expliquer un comportement : Un �tudiant a eu une bonne note en psychologie sociale > Consensus : comportement d'autres individus dans la m�me situation (comparaison de la note de l'�tudiant aux notes des autres �tudiants) > Consistance :
comportement habituel de la personne dans la m�me situation, � d'autres
moments (comparaison avec les notes habituelles en psycho sociale) > Diff�renciation : comportement de la personne dans d'autres situations (comparaison aux notes de l'�tudiant dans les autres mati�res).
En fonction de ces trois dimensions, le percevant choisit le type d'attribution causale pour expliquer le comportement.


Le consensus renseigne surtout sur l'attribution causale interne/externe. La consistance est en rapport avec l'attribution stable/instable (consistance �lev�e : facteurs stables). La diff�renciation est en rapport avec l'attribution globale/sp�cifique (diff�renciation faible : attribution globale) et avec l'attribution interne/externe (diff�renciation faible : facteurs internes).
Les trois types d'information sont combin�s pour retenir une certaine forme d'attribution causale.
Diff�rentes
�tudes confirment que lorsque les observateurs disposent des m�mes
informations (consistance, consensus, diff�renciation), ils r�alisent
les attributions causales telles que le mod�le de Kelley le pr�voit. Cependant,
les individus manifestent des pr�f�rences parmi les trois sources
d'information. Ils tiennent davantage compte de la diff�renciation et
de la consistance et ont tendance � n�gliger le consensus :
focalisation sur la personne, oubli du contexte. L'individu commet donc des erreurs, des biais attributionnels :
Erreur fondamentale d'attribution : Privil�gier
les facteurs internes dans l'explication du comportement d'autrui
(manque de prise en compte du consensus, du contexte). Exp�rience :
Un participant doit r�diger, devant les autres participants, des
questions de culture g�n�rale, et les poser � un autre participant.
Tous les autres participants doivent ensuite �valuer le niveau de
culture g�n�rale du questionneur et du questionn�. Le questionneur
est jug� plus cultiv� que le questionn�, alors qu'il n'a eu � r�pondre
� aucune question et qu'il connaissait forc�ment les r�ponses � ses
propres questions.
Les
individus ont tendance � privil�gier les facteurs internes. Ceci
appara�t m�me quand l'individu a �t� contraint � avoir un comportement.
Comment expliquer l'erreur fondamentale d'attribution ?
> Besoin de contr�le : les facteurs internes sont plus contr�lables que les facteurs externes. > Besoin de justice sociale : � on est responsable de la situation dans laquelle on se trouve �. > Besoin de compr�hension et de pr�visibilit� : les explications internes sont plus simples.
Biais acteur/observateur : On a tendance � expliquer un comportement diff�remment selon qu'on est auteur ou observateur de ce comportement.
> pour expliquer notre propre comportement, nous avons recours � des facteurs externes. > pour expliquer le comportement d'autrui, on recourt aux facteurs internes. Cette divergence s'explique par diff�rents facteurs :
>
Acteur et observateur ne poursuivent pas le m�me objectif :
l'observateur cherche � comprendre le comportement d'autrui, et
l'acteur cherche � justifier son propre comportement. La justification
passe plus facilement par des facteurs externes. Se justifier par des
facteurs externes est parfois valorisant : ils permettent de se
pr�senter comme quelqu'un de flexible, qui s'adapte � la situation
pr�sent�e. > Ce biais est aussi explicable par des facteurs
plus cognitifs : acteur et observateur ne disposent pas des m�mes
informations. On se conna�t mieux soi-m�me qu'on ne conna�t autrui. La
variabilit� situationnelle est plus importante pour soi, il est plus
facile d'expliquer son propre comportement par des facteurs externes. >
Effet de perspective visuelle : on ne se voit pas quand on agit, on
voit la situation. Il est donc plus facile d'expliquer un comportement
par des facteurs externes. On voit une personne agir lorsqu'on se place en observateur. On peut donc expliquer son comportement par des facteurs internes.
Biais d'autocomplaisance Nous
avons tendance � privil�gier les facteurs internes pour les �v�nements
positifs (r�ussite) et les facteurs externes pour les �v�nements
n�gatifs (�chec). Raison : nous avons besoin d'une certaine
valorisation de soi, d'une certaine image de soi positive.
12 janvier 2005
Le comportement agressif
1. D�finition de la notion d'agression
Sur
le plan scientifique, l'agression d�signe tout comportement physique ou
verbal dirig� vers une personne avec l'intention de nuire. > L'agression renvoie � un comportement et non � une �motion. > Le comportement agressif est toujours orient� vers une personne. > L'agression se d�finit toujours par l'intention de nuire.
2. Les th�ories psychosociales de l'agression
a) La th�orie de la frustration-agression (Dollard, Berkowitz)
Th�orie d'inspiration freudienne, avec le concept de base de la frustration. Postulats : > L'agression pr�supposerait toujours la pr�sence de frustration, et la frustration provoquerait toujours l'agression. Frustration : �tat psychologique qui r�sulte de l'impossibilit� d'atteindre ses objectifs. > L'intensit� de l'agression serait proportionnelle � la frustration. > L'expression de l'agression aurait un effet cathartique, lib�rateur. >
La cible privil�gi�e de l'agression est la source de la frustration.
Cependant, en l'absence de cette source, le comportement agressif sera
d�plac� vers d'autres cibles, les boucs �missaires. > L'agression peut �tre inhib�e totalement ou partiellement par l'anticipation d'une punition.
Exemple
: Si une personne est frustr�e sur son lieu de travail par son
sup�rieur hi�rarchique, elle ne peut pas s'en prendre � ce sup�rieur
(anticipation de punition) donc elle peut d�placer son comportement
agressif sur ses coll�gues ou son entourage familial.
Cette
th�orie de la frustration-agression s'est rapidement av�r�e �tre trop
simpliste pour rendre compte de la complexit� du comportement agressif
: elle ne fait pas appel � beaucoup de facteurs psychosociaux. >
La frustration ne peut en aucun cas �tre le seul facteur d�terminant du
comportement agressif. Des facteurs li�s � l'environnement physique
peuvent �tre source d'agressivit� (chaleur, foule...) sans qu'il y ait
forc�ment frustration � la base. > Si la frustration peut favoriser des comportements agressifs, elle ne leur donne pas toujours lieu.
La
th�orie de la frustration-agression a �t� remani�e par Berkowitz : il
explique dans quelles conditions la frustration aboutit � l'agression. > La frustration incite � l'agression uniquement lorsqu'elle suscite une �motion de col�re. >
La relation entre frustration et agression n'est pas lin�aire puisqu'un
taux important de frustration peut provoquer la r�signation plut�t que
la col�re. La r�signation ne provoque pas de comportement agressif. >
La frustration, m�me lorsqu'elle suscite de la col�re, augmente la
tendance � �tre agressif mais ne d�clenche pas forc�ment ce
comportement.
Les facteurs d�clencheurs du comportement d'agression seraient li�s � des facteurs environnementaux appel�s Indices Externes Facilitateurs.
Ces indices peuvent �tre li�s aux personnes pr�sentes (cibles possibles
de l'agression), � la situation dans laquelle le sujet se trouve, aux
objets pr�sents. Berkowitz v�rifie sa th�orie dans une s�rie
d'exp�riences c�l�bres, dans lesquelles il montre que la pr�sence
d'indices externes facilitateurs favorise le comportement agressif chez
l'individu frustr�.
Exp�rience > Les participants doivent r�aliser une t�che quelconque. > Ils re�oivent ensuite peu ou beaucoup de chocs �lectriques, ind�pendamment de leur r�ussite � cette t�che. > Ils doivent ensuite administrer des chocs. > Pour la moiti� des participants, des armes � feu sont visibles dans la pi�ce.
R�sultats > Les sujets frustr�s infligent plus de chocs que les sujets non frustr�s. >
Pour les sujets non frustr�s, le nombre de chocs administr�s est plus
important lorsque des armes � feu se trouvent dans la pi�ce.
>>> La vue des armes � feu, en situation de frustration, favorise le comportement d'agression. "Le doigt peut pousser la g�chette mais la g�chette peut entra�ner le doigt." Les armes ne sont pas seulement un moyen de violence mais elles peuvent aussi stimuler la violence.
Cette th�orie n'explique cependant pas pourquoi, face � la frustration, on devient violent.
b) La th�orie de l'apprentissage social (Bandura)
L'agression est un comportement socialement appris, au m�me titre que n'importe quel comportement. Le comportement agressif est appris de deux fa�ons : >
Il peut �tre appris directement (exp�rience personnelle) : un
comportement est susceptible de se reproduire si l'on a �t� r�compens�
par ce comportement (cons�quences positives). > Il peut �tre appris indirectement, par observation puis imitation des mod�les auxquels l'individu peut se r�f�rer. Deux m�canismes d'apprentissage indirect de l'agression :
> En observant un mod�le qui manifeste un comportement agressif,
l'individu prend tout simplement connaissance de ce type de
comportement (acquisition de nouveaux comportements). >
L'individu observe le comportement et ses cons�quences pour le mod�le.
Si les cons�quences sont positives, l'individu apprend que ce
comportement peut lui �tre utile et aura tendance � l'imiter.
Pour
v�rifier la th�orie de l'apprentissage de comportements agressifs par
observation et imitation, Bandura fait une exp�rience aupr�s d'enfants
: > Un groupe d'enfants est confront� � un adulte qui se comporte de fa�on agressive envers une poup�e. >
Un autre groupe d'enfants est confront� � un mod�le pacifique, qui joue
avec tous les jouets de la salle sans se pr�occuper de la poup�e. > Le troisi�me groupe, groupe contr�le, n'est confront� � aucun mod�le. >
On observe ensuite les enfants dans la m�me salle. Les enfants qui ont
�t� confront�s � un comportement agressif ont des comportements plus
agressifs que ceux des autres groupes. Les enfants qui ont �t�
confront�s � un comportement pacifique ont montr� des comportements
moins agressifs que ceux du groupe contr�le.
>>> Voir
des actes agressifs peut avoir un effet d'apprentissage de
comportements et un effet de d�shinibition (l'individu apprend que les
comportements agressifs peuvent avoir des cons�quences positives).
Les th�ories de Berkowitz et Bandura ne sont pas oppos�es mais compl�mentaires. > La th�orie de l'apprentissage social rend compte d'une agression instrumentale (dans le but d'obtenir quelque chose). > La th�orie de la frustration-agression �tudie plut�t l'agression hostile, dont le seul but est de nuire � autrui.
13 janvier 2005
Relations intergroupes
On parle de relations intergroupes quand l'interaction sociale est influenc�e par l'appartenance � diff�rents groupes sociaux.
1. Cat�gorisation sociale
Tout
comme nous avons tendance � structurer le monde physique en regroupant
les objets en diff�rentes cat�gories, nous avons tendance � structurer
notre environnement social en regroupant les individus en cat�gories
sociales. La cat�gorisation est le processus qui consiste �
regrouper les objets en cat�gories. La cat�gorisation sociale est le
regroupement d'objets sociaux (individus). Nous avons tendance � classer les individus selon un m�me syst�me de cat�gorisation hi�rarchis�e. Il existe quelques cat�gories de base
qui sont les cat�gories dans lesquelles on classe imm�diatement un
individu. G�n�ralement, ce sont l'�ge, le sexe et l'ethnie. Ensuite, il
existe des sous-cat�gories. Nous cat�gorisons les objets sociaux et non sociaux par besoin de simplifier notre environnement. Ce
processus n'est pas sans cons�quence sur notre perception des individus
: il nous am�ne � exag�rer les ressemblances intracat�gorielles et les
diff�rences extracat�gorielles. L'effet d'homog�n�isation est renforc�
lorsqu'il s'agit d'un exogroupe (groupe auquel on n'appartient pas).
a) L'exp�rience de Tajfel et Wilkes (1963) : cat�gorisation d'objets non sociaux
Objectif : tester l'effet d'accentuation de l'homog�n�it� et des diff�rences sur des objets non sociaux. > On demande aux participants d'�valuer la taille d'une s�rie de 8 lignes de longueurs variables. >
Une cat�gorisation coh�rente est propos�e aux membres du groupe de
condition 1 : A pour les quatre lignes les plus longues, B pour les
quatre plus courtes. > Le deuxi�me groupe, condition 2, est
confront� � une suggestion al�atoire de cat�gorisation : A et B sont
associ�s � des lignes, sans rapport de longueur. > Le troisi�me groupe ne se voit pas proposer de cat�gorisation. C'est le groupe contr�le.
 Les
r�sultats confirment l'impact de la cat�gorisation sur l'effet
d'accentuation de l'homog�n�it� : le groupe 1 a tendance � surestimer
la similitude des lignes d'une m�me cat�gorie et les diff�rences de
taille entre les lignes appartenant � des cat�gories diff�rentes.
b) Application � des objets sociaux
Le m�me type d'exp�rience a �t� men� sur des objets sociaux. Dispositif : Les participants doivent �couter un enregistrement d'une discussion entre trois noirs et trois blancs. A
chaque intervention, on montre aux sujets une photo de la personne qui
parle. Au terme de la discussion, les sujets re�oivent la liste des
interventions et doivent indiquer qui a dit quoi.
>> Les
sujets arrivent facilement � d�terminer si une intervention a �t�
faite par un noir ou par un blanc, mais confondent les noirs entre eux
et les blancs entre eux. La cat�gorisation nous am�ne � percevoir les membres d'un m�me groupe social comme interchangeables.
Ce
qui diff�rencie la perception d'objets sociaux et la perception
d'objets non sociaux est que l'homog�n�isation ne concerne pas
seulement les caract�ristiques physiques mais aussi les
caract�ristiques psychologiques. La cat�gorisation a pour cons�quence directe l'utilisation de st�r�otypes dans la perception de l'individu.
2. St�r�otypes et perception sociale
a) Qu'est-ce qu'un st�r�otype ?
St�r�otype = croyance socialement partag�e concernant les caract�ristiques communes attribu�es � un groupe social. Cette
croyance ne correspond pas forc�ment � la r�alit�. Les st�r�otypes ne
concernent ni un individu particulier ni un objet non social, mais un groupe social. Ex : "Les fran�ais font bien la cuisine" "Les italiens sont de bons amants" "Les femmes sont bavardes."
b) Le r�le des st�r�otypes dans la perception sociale
Ils
nous permettent de g�n�rer des attentes vis-�-vis d'un individu, avant
m�me de le conna�tre, au niveau de ses caract�ristiques, sur la simple
base de son appartenance � un groupe social. Les st�r�otypes influencent la mani�re dont nous traitons les information sociales. Ils orientent : > L'attention : on n�glige des informations. "Nous voyons ce que nous voulons voir". > L'interpr�tation : "Nous comprenons ce que nous voulons comprendre". > La m�morisation : Nous retenons seulement les informations conformes au st�r�otype. "Nous retenons ce que nous savons d�j�".
Des recherches confirment l'impact des st�r�otypes sur la perception sociale. Exp�rience : Montrer qu'un comportement identique est per�u diff�remment selon le groupe d'appartenance de l'individu per�u. > On montre au participant un film o� discutent deux personnes. Au cours de la discussion, l'un des deux bouscule l'autre. On fait varier la couleur de peau de l'agresseur et de l'agress�. > Les participants doivent juger les comportements des deux acteurs. >>>
Le coup est jug� violent par par 70% des participants quand il est
port� par un noir et par 15% quand il est port� par un blanc.
Par
ailleurs, les st�r�otypes nous am�nent � "percevoir" des informations
en rapport avec nos croyances, alors que nous ne les avons pas
r�ellement per�ues.
Exp�rience : On pr�sente une
image � un participant, qui doit raconter ce qu'il a vu au suivant, qui
doit le raconter au suivant... jusqu'� la 6�me personne. Sur
l'image, on voit un homme noir habill� en costume qui discute avec un
homme blanc habill� en ouvrier et tenant un rasoir en main. >>>
Le rasoir devient couteau et passe de la main blanche � la main noire,
et les v�tements sont �chang�s, au bout de plusieurs r�cits.
Les st�r�otypes am�nent � provoquer des informations concordantes : c'est l'effet PYGMALION (provocation chez l'autre du comportement attendu).

Exp�rience 1 : Des sujets blancs doivent recevoir des candidats � l'embauche noirs ou blancs. Objectif : voir si l'appartenance ethnique du candidat influence le jugement du recruteur. >>>
Les recruteurs sont beaucoup plus ouverts sur le plan non verbal (caf�,
serrer la main, sourire...) avec les candidats blancs.
Exp�rience 2 (contr�le) : Les
participants sont dans le r�le du candidat re�us par un comp�re (qui
conna�t le but de l'exp�rience) qui se comporte soit froidement, soit
de fa�on ouverte et chaleureuse. Objectif : mesure des performances des candidats dans ces deux situations. >>> Les performances des candidats sont meilleures si le recruteur est chaleureux.
3. Pr�jug�s et conduites discriminatoires
a) D�finition des concepts
Pr�jug� ≠ st�r�otype = attitude g�n�ralement n�gative � l'�gard des membres d'un groupe social, sur la simple base de son appartenance cat�gorielle.
Pr�jug� = attitude, tendance � l'action, jugement ; St�r�otype = croyance, cognition qui n'a pas forc�ment de cons�quences comportementales.
Les pr�jug�s sont compos�s de trois dimensions : > Une dimension motivationnelle : tendance � agir d'une certaine mani�re � l'�gard d'un groupe. > Une dimension affective : attirance ou r�pulsion. > Une dimension cognitive : croyances, st�r�otypes � l'�gard du groupe. Les
pr�jug�s pr�supposent obligatoirement l'existence de st�r�otypes.
Cependant, on peut avoir des st�r�otypes qui ne se traduisent pas en
pr�jug�s.
Les pr�jug�s peuvent donner lieu � des comportements discriminatoires (comportements g�n�ralement n�gatifs � l'�gard d'un groupe social, sur la simple base de leur appartenance � ce groupe social). Toute
conduite discriminatoire pr�suppose l'existence de pr�jug�s, mais les
pr�jug�s ne se traduisent pas toujours par des conduites
discriminatoires.
Les formes les plus connues de
discrimination sont le racisme et le sexisme. Les groupes sociaux qui
font objet de pr�jug�s et de conduites discriminatoires sont les
groupes les moins valoris�s, ceux qui s'�cartent de la norme (norme =
�tre un jeune homme blanc h�t�rosexuel et en bonne sant�). La
discrimination se manifeste par diff�rentes formes, allant du simple
�vitement aux actes les plus violents, en passant par tous les actes
d'exclusion, de mise � l'�cart.
 La
discrimination positive est souvent mise en place pour �viter la
discrimination n�gative (ex : dispositifs mis en place pour les
handicap�s dans les entreprises : quotas d'handicap�s salari�s...).
La
discrimination positive reste cependant une discrimination : on ne
consid�re pas la personne mais son groupe d'appartenance. Valoriser un
individu sur la base de son appartenance � un groupe social revient �
exprimer des attentes n�gatives � l'�gard du groupe en question.
b) Mise en �vidence des conduites discriminatoires
Exp�rience
: Pr�sentation au sujet de profils (CV + lettre de motivation)
identiques et attribution de ces profils � des personnes
d'appartenances cat�gorielles diff�rentes. >>> Mise en �vidence nette de discriminations.
c) Th�ories explicatives des conduites discriminatoires
>> Th�orie du bouc �missaire (Dollard)
Th�orie bas�e sur la th�orie de la frustration-agression (voir "le comportement agressif"). Le comportement agressif r�sulte d'une frustration, c'est-�-dire d'une impossibilit� d'atteindre ses objectifs. L'agression
est tourn�e de mani�re privil�gi�e vers la source de la frustration,
mais si celle-ci est absente ou non atteignable (hi�rarchie),
l'agression est d�plac�e vers un bouc �missaire, la cible la plus
facile (groupes minoritaires).

>> Th�orie du conflit r�el (Sherif)
La
discrimination r�sulterait d'une situation de conflit entre des groupes
sociaux pour des ressources limit�es : les groupes sociaux ont des
int�r�ts communs incompatibles (comp�tition). Si la comp�tition
engendre des conflits intergroupes, la coop�ration am�liore les
relations :l'interd�pendance des int�r�ts am�ne des relations amicales.
Cette th�orie a �t� v�rifi�e par Sherif dans le cadre de camps de vacances pour ados. >
Les enfants, qui ne se connaissaient pas, sont r�partis en deux groupes
�quivalents. Pendant une semaine, les deux groupes n'ont pas de
contact, et chaque groupe est confront� � des activit�s int�ressantes.
Chaque groupe doit se donner un nom : cr�ation d'une coh�sion de
groupe. > On engage les groupes dans divers jeux de comp�tition
(tournoi). Observation des comportements. D�veloppement de
comportements hostiles entre les groupes. D�valorisation de l'exogroupe
et surestimation de l'endogroupe. > On propose aux deux groupes
des jeux de coop�ration � but supra-ordonn� (but qu'on ne peut
atteindre qu'ensemble). Cette situation r�duit tr�s vite les hostilit�s
intergroupes, des amiti�s naissent entre les individus des deux
groupes. Le simple contact ne suffit pas, il faut une r�elle situation de coop�ration.
>> Th�orie de l'identit� sociale (Tajfel)
La
discrimination se manifeste en dehors de tout conflit sans m�me que les
individus se connaissent. Nous avons une tendance naturelle � diviser
l'humanit� : NOUS (les meilleurs) et EUX (les moins bons). C'est le
biais endogroupe.
Exp�rience : > Les participants sont r�partis en groupes minimaux (groupes constitu�s selon crit�re al�atoire, quelconque).
 >
Chaque participant a le choix entre diff�rentes possibilit�s de
r�mun�ration qui seraient attribu�es respectivement � deux sujets.

>
Choix de parit� ou valorisation d'un groupe ? Les sujets avantagent
syst�matiquement le membre de l'endogroupe. Ce qui leur importe n'est
pas qu'il re�oive beaucoup, mais qu'il re�oive plus que l'autre.
Pour
nous d�finir, nous utilisons nos groupes d'appartenance. Faire une
diff�rence entre "mon groupe" et "un autre groupe" permet de construire
mon identit� : moyen de construction identitaire, de diff�renciation
soi/autrui.
|