Un journal purement révolutionnaire  
     Accueil    Download    Soumettre un article
  Se connecter 11 visiteur(s) et 0 membre(s) en ligne.


  Post� le lundi 27 juin 2005 @ 12:52:36 by AnarchOi
Contributed by: AnarchOi
Impérialisme (et anti-)"S'ils (les ONG - les Organisations non-gouvernementales) leur est permis de prendre part aux discussions de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), cela constituera un dangereux pr�c�dent que tout gouvernement, toute compagnie globale, regrettera longtemps apr�s les manifestations de Seattle."
--Business Week magazine




Le spectre de dizaines de milliers de travailleurs, d'environnementaliste, de militants pour les droits humains et d'anarchistes occupant les rues de Seattle �tait un spectacle �mouvant en effet. Leur opposition � l'antid�mocratique et grossi�rement affairiste OMC leur a gagn� l'inimit� des m�dias affairistes, et la condamnation vocale des politiciens affairistes.

L'OMC, l'organisation qui succ�de au GATT, fonctionne comme un gouvernement virtuel de l'ombre, en fait un super-gouvernement, qui passe par-dessus les consid�rations nationales et provinciales qui cherchent � prot�ger les salaires des travailleurs, assurer des standards environnementaux, et prot�ger les gains des n�gociations collectives. Dans la mesure o� l'OMC consiste en une collection de gouvernements, elle prot�ge en fait les int�r�ts corporatifs : les int�r�ts principaux du capital, par-dessus tout autres int�r�ts. Dans ce contexte, les manifestations furent un correctif bienvenu et puissannt, exprimant les vues du plus grand nombre, et non prot�geant les int�r�ts de la minorit�. On pourrait dire beaucoup de chose sur les tr�s calomni�s anarchistes qui ont boulevers�s le centre-ville, en attaquant les miroitants �difices du capital.

La presse a saut� sur l'opportunit� de les traiter de "voyou", ou de "vandales", impliqu�s dans de la "violence". Ce qui manque dans les reportages, bien sur, c'est que ces jeunes gens ont attaqu�s la propri�t�, pas d'autre �tres humains. Pendant ce temps, l'�tat, par sa police, attaquait des personnes, les bousculant, les gazant, les battant et les emprisonnant. Quelle est, pourrait-on se demander, la plus grande forme de "violence"? Mais, dans le monde projet� par les m�dias affairistes, la violence �tatique n'est pas une vraie violence. Seuls les individus non-affili�s � l'�tat peuvent donc �tre r�ellement violents. Quelle folie!

John Cavanaugh, de l'Institut pour les �tudes publiques, s'adressant � une assembl�e publique � Seattle au moment des manifestations, a li� les puissantes manifestations anticapitalistes et anti-OMC � un autre acte de d�sob�issance civile violente bien connu qui a marqu� le d�but de la r�volution am�ricaine. Cet acte de d�sob�issance civile, maintenant connu sous le nom de "Boston Thea Party", o� des am�ricains ont manifest� contre la domination commerciale des britanniques, en obscurcissant leur visage (pour cacher leur identit�), s'habillant comme des Indiens (pour cacher leur ethnicit�) et en d�truisant plus de 30 000 livres de th� britannique, en jetant des bo�tes, des ballots et des balles dans le port de Boston. Leurs griefs? Une taxation sans repr�sentation. Pour les britanniques et leurs sympathisants conservateurs, c'�tait l� l'action de "voyous", de "vandales" et de "d�linquants" sans aucun doute. Mais quelle fut leur contribution � l'esprit public de la r�sistance � l'empire britannique? L'�tendue et la largeur du contr�le des corporations capitalistes sur les terres, les ressources et le travail de millions de gens aux �tats-Unis et � l'�tranger (sp�cialement dans le dit "tiers-monde") rend en comparaison les giefs des colons am�ricains contre les britanniques remarquablement mesquins.

L'OMC est l'instance non-�lue, domin� par le priv�, qui mine la d�mocratie dans son existence m�me. Ils font les r�gles sous lesquelles la vaste �conomie du monde est organis�e. Et tous doivent se soumettre � ce pouvoir �conomique malgr� des lois locales, nationales et/ou r�gionales disant le contraire. Cela parce que la seule "loi" qu'ils respectent est celle de la primaut� du profit. Le capital fait les r�gles; le travail suit leur musique. Consid�r� � quel point les flics de Seattle ont cr�� rapidement (en une nuit en fait!) ce qui fut d�sign� comme une suppos� "zone libre de manifestations" de quelques 50 p�t�s de maisons, dans le c�ur m�me d'une ville am�ricaine majeure, pour "prot�ger" les int�r�ts d'�trangers, de diplomates et d'hommes d'affaires. Une "zone libre de manifestations", est n�cessairement, une "zone libre du premier amendement", avec le mot "libre" signifiant aussi peut que le terme utilis� dans la discussion du "libre �change". Dans quelle partie des �tats-Unis la constitution am�ricaine ne s'applique pas? Dans les int�r�ts de qui un cordon sanitaire* fut-il �tabli? Ceux des citoyens de Seattle, ou ceux des laquais fortun�s du capital globalis�?

Seattle a r�v�l� le d�faut soulignant le mensonge du grand "miracle" �conomique des ann�es 1990. �a a r�v�l� les craintes et les anxi�t�s justifi�es au c�ur de millions de travailleurs am�ricains. �a a r�v�l� pour qui les politiciens travaillent. �a a r�v�l� la nature de la police. �a pourrait, �a devrait, n'�tre qu'un d�but.

Mumia Abu-Jamal
Commentaire �crit le 3/12/99


Liens Relatifs




Temps : 0.0367 seconde(s)