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  Posté le vendredi 11 novembre 2011 @ 14:30:31 by blackcat
Contributed by: blackcat
Voici un texte qui date déjà du feu web 1.0, depuis pas mal de trucs se sont passés et pas mal d'autres trucs ont changé. On vit une époque formidable où le contrôle et l'exploitation d'informations et de données personnelles sont déjà un acquis relatif pour qui y a intérêt, que ce soit l'État, Facebook, Apple, Interpol, Google, Microsoft, pour ne citer que les plus connues qui travaillent toujours à la destruction des espaces de liberté sur le net.

Manifeste d'un anargeek v1.0a (et après ?)

Mais aujourd'hui c'est aussi l'époque de l'émergence média­ti­que de cer­tai­nes formes de résis­tan­ces, par exem­ple les Anonymous et l'opé­ra­tion 56K qui a réta­bli des connec­tions là où on ne vou­lait pas qu'elles soient, de Wikileaks, de DoxUMP et de bien d'autres qui res­tent dans un quasi-ano­ny­mat lorsqu'ils ne ter­mi­nent pas trainé-e-s devant « leur jus­tice ».
On ne peut pas rester insen­si­ble à ces enjeux, ce qui s'y joue est pri­mor­dial. On ne peut pas faire mine de rester en dehors de ces pra­ti­ques, de toute façon c'est trop tard, on est déjà pris dedans.

Finalement, des trucs ont changé, d'autres pas. Il faut rejoin­dre l'auto-défense numé­ri­que et pré­pa­rer les pro­chai­nes offen­si­ves. Il faut se ren­sei­gner, cher­cher à com­pren­dre, pra­ti­quer, dif­fu­ser (notam­ment avec les tutos publiés sur Rebellyon [1] [2]ou ailleurs [3]) ; comme ils disent « infor­ma­tion is power ».

L'inté­rêt d'un tel texte, dans une pers­pec­tive liber­taire, c'est qu'il peut être rema­nié, secoué, coupé, sup­primé, dif­fusé, reco­pié dans une infi­nité d'envies. S'il reste très actuel, ça pour­rait être inté­res­sant d'en sortir une ver­sion 1.0b, jusqu'à la v3.5.z et bien plus si on en veut encore. Commençons déjà par en dis­cu­ter sous cet arti­cle, on créera peut-être autre chose sur une nou­velle base. Mais qu'on ne reste pas sans rien faire.
Et que vive le LOL [4].

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Manifeste d'un anargeek v1.0a
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Je suis un anar­geek.

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Geek, parce que j'appar­tiens sans conteste à cette caté­go­rie de per­son­nes qui pren­nent plai­sir à uti­li­ser, com­pren­dre et modi­fier ces mys­té­rieu­ses machi­nes qu'on appelle ordi­na­teurs.

Geek, donc, parce que je suis curieux de leur fonc­tion­ne­ment, des pos­si­bi­li­tés offer­tes par leurs pro­gram­mes, et excité par d'autres qui n'ont pas encore été explo­rées, ou même ima­gi­nées.

Geek, parce que ces engins font partie de ma vie quo­ti­dienne, et se font simul­ta­né­ment hor­lo­ges, chaî­nes hifi, biblio­thè­ques, machi­nes à écrire, à café, télé­pho­nes ou aides-mémoire... mais aussi et sur­tout vastes ter­rains d'expé­ri­men­ta­tion, de com­mu­ni­ca­tion et de décou­verte.

Geek, aussi, parce que ma vie a inté­gré la com­mu­ni­ca­tion numé­ri­que. Tous les jours ou pres­que, je lis mon cour­rier électronique, veille au bon fonc­tion­ne­ment des ser­veurs inter­net que j'uti­lise, entre­tiens le réseau que je par­tage, m'informe, apprends et échange par le biais des forums, mai­ling-lists et divers sites, dis­cute et ren­contre par irc, etc.

Geek, tou­jours, parce que le terme, insulte à l'ori­gine, a été déli­cieu­se­ment réap­pro­prié et posi­tivé par la com­mu­nauté qu'il dési­gne, à la façon d'autres « mino­ri­tés cultu­rel­les ».

...

Anar, parce que je rejette une société basée sur la domi­na­tion des un-e-s sur les autres, et demeure per­suadé qu'il est pos­si­ble de se réa­li­ser dans le res­pect de tout-e un-e chacun-e, par la pra­ti­que de l'égalité, de la soli­da­rité et de l'auto­ges­tion.

Anar, donc, parce que je suis révolté par cet ordre des choses, qui impose exploi­ta­tions, souf­fran­ces et morts quo­ti­dien­nes, que je veux contri­buer à bou­le­ver­ser, par une impli­ca­tion dans des mou­ve­ments sociaux et une par­ti­ci­pa­tion aux cou­rants de remise en cause radi­cale du sys­tème.

Anar, parce que je tente d'expé­ri­men­ter au quo­ti­dien mes idées, vers une auto­no­mie vis à vis des normes socia­les : refu­ser les sirè­nes de la consom­ma­tion et de la com­pé­ti­tion, enrayer l'alié­na­tion et décons­truire les com­por­te­ments domi­nants, déve­lop­per des pra­ti­ques de vie égalitaires et col­lec­ti­ves.

Anar, aussi, parce que je suis iné­vi­ta­ble­ment cri­ti­que et méfiant vis à vis de l'infor­ma­tion « offi­cielle », com­mer­ciale et ins­ti­tu­tion­nelle, qui for­mate notre vision du monde à coup d'omis­sions, de men­son­ges et défor­ma­tions. Sans pré­ten­dre à l'objec­ti­vité, je veux cher­cher d'autres moyens de m'infor­mer et de com­mu­ni­quer.

Anar, encore, parce que je déplore la para­noïa sécu­ri­taire qui gagne la société en ins­tru­men­ta­li­sant ses peurs. Je refuse la cri­mi­na­li­sa­tion, le fichage, la répres­sion déployés par les auto­ri­tés contre les pau­vres, contes­ta­tai­res et diver­ses « clas­ses dan­ge­reu­ses ». Nous pou­vons et devons nous y insou­met­tre !

...

Anargeek, parce que j'entends com­bi­ner curio­sité et savoir-faire tech­no­lo­gi­ques avec volonté et pra­ti­ques éthiques et poli­ti­ques. Si les idées don­nent sens aux pra­ti­ques et les orien­tent, les pra­ti­ques nou­ris­sent et maté­ria­li­sent les idées.

Anargeek, donc, parce que j'aspire à une société basée sur l'auto­dé­ter­mi­na­tion, la libre coo­pé­ra­tion et l'intel­li­gence col­lec­tive. C'est dans ce sens que j'adhère au mou­ve­ment des logi­ciels libres, fruit de la col­la­bo­ra­tion volon­taire de mil­liers de per­son­nes de part le monde, per­met­tant à qui­conque de par­ta­ger, mais aussi de modi­fier et de dis­tri­buer les pro­gram­mes infor­ma­ti­ques libres.

Anargeek, parce que je refuse d'être esclave d'un sys­tème poli­ti­que comme d'un sys­tème infor­ma­ti­que. Les états impo­sent leurs lois, les logi­ciels pro­prié­tai­res leurs « stan­dards ». Les pre­miers empê­chent la contes­ta­tion par la répres­sion, les seconds l'alter­na­tive par les bre­vets. Je veux pou­voir auto­gé­rer ma vie, comme je veux pou­voir com­pren­dre, modi­fier et créer mes outils.

Anargeek, aussi, parce que je veux résis­ter à la consom­ma­tion fré­né­ti­que impo­sée par le capi­ta­lisme, qui ne cesse de pro­duire et de mani­pu­ler, pour tou­jours jeter et gas­piller. Je récu­père le maté­riel jugé obso­lète pour le réa­ni­mer à coups de logi­ciels libres et pièces dépa­reillées ; m'amuse à explo­rer les limi­tes des machi­nes démo­dées ; tente d'inté­grer créa­ti­vité, ima­gi­na­tion et expé­ri­men­ta­tions à mes pra­ti­ques électroniques.

Anargeek, parce que j'ai envie de bous­cu­ler cer­tai­nes réa­li­tés et cli­chés qui col­lent aux milieux dans les­quels je suis impli­qué. Si j'ai à coeur que les com­mu­nau­tés mili­tante et infor­ma­ti­que alter­na­ti­ves puis­sent se ren­contrer, c'est qu'il me semble pri­mor­dial, notam­ment, de mettre à mal le sexisme qui sévit chez les geeks, d'avoir un regard cri­ti­que sur l'ultra-spé­cia­li­sa­tion qui accom­pa­gne l'infor­ma­ti­que, mais aussi d'ouvrir les milieux contes­ta­tai­res aux pers­pec­ti­ves numé­ri­ques, sur les­quel­les ils sont si sou­vent fermés et cyni­ques.

Anargeek, encore, parce que l'infor­ma­ti­que est aussi un excel­lent sup­port d'infor­ma­tion indé­pen­dante. Aussi puis-je par­ti­ci­per à des réseaux de contre-info comme Indymedia, média auto­nome dis­persé dans le monde entier, ouvert aux contri­bu­tions de tou-te-s, cas­sant la fron­tière actrice/spec­ta­teur/jour­na­liste, explo­rant des sujets boy­cot­tés ou mal­traî­tés par « l'infor­ma­tion » de masse.

Anargeek, enfin, parce que je crois que les ordi­na­teurs ne se résu­ment pas à des ins­tru­ments de fichage et d'alié­na­tion, mais peu­vent cons­ti­tuer des outils d'épanouissement, de com­mu­ni­ca­tion et de trans­for­ma­tion sociale. Je pré­fère par­ta­ger mes savoirs plutôt que de jalou­se­ment les garder, en par­ti­ci­pant, par exem­ple, à des ate­liers d'infor­ma­ti­que alter­na­tive ; ou à la mise en place d'outils et de « ser­vi­ces » col­lec­tifs & non-mar­chands, tels que ser­veurs, accès inter­net, sites ouebs ou col­lec­ti­vi­sa­tion de maté­riel...

...

Ce « mani­feste » n'a pas voca­tion de vous repré­sen­ter. Libre à vous de le repren­dre, tout ou partie, de l'adap­ter, de l'endos­ser ou de le reje­ter. Parce qu'il y a autant d'anar­geeks que d'indi­vi­dua­li­tés, j'encou­rage chacun-e à écrire et réa­li­ser son mani­feste, ses idées, son texte, son graf­fiti ou son ascii !

Contre le culte de la per­son­na­lité, les lea­ders et la pas­si­vité, tout le monde peut s'inven­ter et se réa­li­ser !

décem­bre 2002,
dark­veggy

Contre le copy­right, le copy­left ! Ce texte est placé sous licence Creative Commons Atribution-NonCommercial-ShareAlike 2.0.

Notes
[1] https://rebellyon.info/IRC-le-passe-et-l...-avenir-de-la.html
[2] https://rebellyon.info/Un-formulaire-sec...urise-a-la.html
[3] https://guide.boum.org

[4] https://rebellyon.info/Laboratoire-Ouver...

Source: http://networkedblogs.com/pPjo4




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