Dimanche 9 janvier 2011, 15 heures.
Tunisie : cinq morts dans des accrochages entre émeutiers et forces de l’ordre
La
télévision «Al Arabiya» affirme, à l’instant, que des accrochages ont
opposé, la nuit dernière, des manifestants aux policiers en Tunisie.
Les violences ont lieu dans la localité de Tala, située dans la
province de Kasserine (centre-ouest du pays). «Al Arabiya» affirme que
cinq personnes ont été tuées, alors que l’agence AFP avance un bilan
moins lourd, avec quatre victimes, et six blessés.
MédiArabe.info, 9 janvier 2011.
Tunisie : nouveaux affrontements, quatre morts, soutien syndical au
mouvement
Quatre personnes au moins ont été tuées et six autres grièvement blessées samedi soir par balles lors de nouveaux affrontements
entre manifestants et forces de l'ordre en Tunisie, confrontée à une révolte sans précédent contre le chômage.
À
Tunis, lors d'un rassemblement public samedi, la centrale syndicale
unique, l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), a proclamé
son appui aux revendications «légitimes» du mouvement.
Les
victimes de samedi ont été tuées lorsque les forces de l'ordre ont
ouvert le feu sur des manifestants dans le centre de Tala, une localité
proche de Kasserine, dans le centre-ouest du pays, a indiqué à l'AFP
Belgacem Sayhi, un instituteur syndicaliste.
Durant
les affrontements, Marwane Jomni, 20 ans, Ahmed Boulaabi, 30 ans,
Mohamed Omri, 17 ans et Nouri Boulaabi, 30 ans, ont été tués et
plusieurs autres personnes ont été blessées, selon un bilan provisoire
recueilli auprès de M. Sayhi, et corroboré par deux habitants ayant
requis l'anonymat.
Parmi
les blessés, six ont été très grièvement atteints et transférés dans un
hôpital de Kasserine, chef-lieu de la région, selon les mêmes sources,
où des affrontements sanglants ont été également signalés dans la nuit
de samedi à dimanche. Un enfant de 12 ans aurait été tué d'une balle à
la tête dans la cité Ennour, a affirmé un témoin ayant requis
l'anonymat.
Les
autorités sollicitées n'ont ni confirmé ni infirmé ces affrontements,
encore moins leur bilan. S'il se confirmait, il porterait à au moins
six morts le nombre de tués par balles depuis que Mohamed Bouazizi, 26
ans, s'est immolé par le feu le 17 décembre à Sidi Bouzid (265 km au
sud de Tunis) pour protester contre la saisie de son étal de primeurs.
Il est devenu depuis le symbole d'une révolte contre la précarité sociale et le chômage, notamment celui des jeunes diplômés.
À Tunis, devant quelques centaines de personnes strictement encadrées par des centaines de policiers en civil et des unités
anti-émeutes, le secrétaire général adjoint de l'UGTT, Abid Brigui, a proclamé son appui aux revendications «légitimes».
«Nous
soutenons les revendications de la population de Sidi Bouzid et des
régions intérieures», a-t-il déclaré à la foule depuis les locaux de la
centrale, sur la place Mohamed Ali.
«Il est contre nature de condamner ce mouvement, il n'est pas normal d'y répondre par des balles», a-t-il lancé sous les
applaudissements, appelant plutôt au �«dialogue avec les jeunes».
La
foule a observé une minute de silence à «la mémoire des martyrs» du
mouvement social, entre hymne national et chansons engagées diffusés
par hauts-parleurs.
La
veille, Tala a été le théâtre d'affrontements violents durant lesquels
les manifestants ont saccagé des biens et mis le feu à une banque et à
des bâtiments officiels, selon un dirigeant syndical local.
Selon ce témoin joint par téléphone, l'armée s'est déployée samedi pour la première fois depuis le début des troubles, autour
des bâtiments officiels.
Vendredi,
cinq manifestants et un agent de sécurité ont été blessés lors d'un
affrontement violent à Saïda, une localité proche de Sidi Bouzid.
Ce qui devait être une marche pacifique de lycéens, rejoints en cours de route par des habitants du village, a dégénéré en
affrontements avec les forces de sécurité, qui ont fait usage de lacrymogènes, puis de leurs armes à feu, selon des témoins.
De
nouvelles tentatives de suicide ont par ailleurs été signalées samedi
par des témoins à Kasserine et à Sidi Bouzid, dont celle d'un père de
quatre enfants, Moncef Abdouli, 52 ans, qui a tenté de mettre fin à ses
jours en s'immolant par le feu près du marché, en plein centre-ville.
À
Kasserine, un jeune chômeur, Hilmi Khadraoui, s'est aspergé de pétrole
près du lycée, tandis qu'un homme de 35 ans avait tenté de se suicider
après une manifestation, selon un journal privé local.
Traditionnel
allié de la Tunisie, les États-Unis de sont dit «préoccupés» vendredi
par les troubles et ont convoqué l'ambassadeur de ce pays à Washington,
Mohamed Salah Tekaya, pour demander le respect des libertés
individuelles, notamment en matière d'accès à l'internet.
Leur presse (Agence Faut Payer), 9 janvier.
Explosion au consulat de Tunisie à Pantin
Le
consulat de Tunisie à Pantin (Seine-Saint-Denis) a subi une «petite
explosion» d'origine indéterminée tôt ce matin, qui a occasionné «des
dégâts minimes» sur son rideau métallique, a-t-on appris de source
policière, tandis que l'ambassadeur dénonçait un «acte terroriste».
De source policière on faisait état d'«une petite explosion peu avant 05H00 qui a entraîné des dégâts minimes sur la devanture
métallique du consulat».
Dans
une déclaration à l'AFP, l'ambassadeur de Tunisie en France, Raouf
Najar, a dénoncé «un acte terroriste» : «la désinformation ces derniers
jours sur ce qui se passe en Tunisie est telle que tout en devient
possible, même cet acte terroriste».
Leur presse (Agence Faut Payer), 9 janvier.
Tunisie : décès d'un lycéen
Le
lycéen qui s'était immolé par le feu mercredi dernier à l'Ariana, près
de Tunis, Aoub Hamdi, a succombé à ses blessures et a été inhumé
samedi, a-t-on appris auprès du secrétaire général du syndicat de
l'enseignement secondaire Sami Tahri.
Des
versions contradictoires avaient circulé sur les mobiles à l'origine de
son geste, tantôt attribué à ses mauvais résultats scolaires, tantôt à
sa convocation par le directeur du lycée qui le suspectait d'avoir été
à l'origine d'une agitation parmi les élèves.
Dans
le même temps, à Sidi Bouzid, la région du centre-ouest où avaient
commencé, à la mi-décembre, les troubles sociaux à la suite de
l'immolation d'un vendeur ambulant décédé des suites de ses blessures,
une nouvelle tentative de suicide a eu lieu samedi.
Chômeur
et père de quatre enfants, Moncef Belkéfi Abdouli, la quarantaine,
s'est aspergé d'essence et y a mis le feu dans un parking situé
derrière le souk de la ville, a relaté le syndicaliste Slimane Rouissi,
présent sur les lieux.
Secouru
par des gens sur place et ensuite par la protection civile, il a été
aussitôt transféré à l'hôpital de Sidi Bouzid. Sa vie ne semble pas en
danger, a-t-il précisé.
Une
autre tentative de suicide a eu lieu à Kasserine (centre) : un jeune
homme de 17 ans, Hilmi Khadhraoui, a attenté à sa vie en s'aspergeant
de pétrole, selon le syndicaliste Abdelwahed Homri. Vite secouru, sa
vie ne semble pas non plus en danger.
Sollicitées par l'agence Associated Press, les autorités n'ont ni infirmé ni confirmé ces développements.
Leur presse (AP), 8 janvier.
Tunisie : six blessés lors de heurts près de Regueb
Cinq
manifestants et un agent de l'ordre ont été blessés lors
d'affrontements vendredi à Saïda près de la ville de Regueb, non loin
de Sidi Bouzid dans le centre-ouest de la Tunisie secoué par des
troubles sociaux sur fond de chômage et de précarité, selon plusieurs
témoins.
Selon
l'un d'eux, des heurts ont opposé depuis la matinée plusieurs centaines
de personnes, élèves et habitants, aux forces de l'ordre ce qui a donné
lieu à des échanges de jets de pierres et de bombes lacrymogènes. Les
accrochages se sont étendus par la suite à la localité de Saïda, à 20
km de Regueb.
Alors
que les manifestants mettaient le feu à des pneumatiques et lançaient
des projectiles sur un poste de sécurité, les forces de l'ordre ont
réagi en ouvrant le feu sur la foule, faisant cinq blessés dont deux
ont été grièvement touchés par les balles, l'un à l'épaule et l'autre à
la poitrine, a relaté depuis l'hôpital de Regueb un témoin oculaire qui
a requis l'anonymat lors d'un entretien téléphonique avec l'Associated
Press. Un agent de l'ordre a aussi été blessé, selon cette source.
Sollicitées par l'AP, les autorités ont déclaré ne pas avoir de confirmation de ces événements.
Leur presse (AP), 8 janvier.
Tunisie : 20 morts dans le centre, selon un dirigeant de l'opposition
Un dirigeant de l'opposition a fait état dimanche d'au moins 20 personnes tuées par balles à Thala et Kasserine, dans le
centre-ouest de la Tunisie, et a appelé le président Zine El Abidine Ben Ali à «faire cesser le feu».
«Les
informations qui nous proviennent de Kasserine et Thala font état d'au
moins vingt morts tombés sous les balles depuis samedi dans des
affrontements qui se poursuivaient ce matin même», a déclaré à l'AFP
Ahmed Nejib Chebbi, chef historique du Parti démocratique progressiste
(PDP, opposition légale).
«On a tiré sur les cortèges funèbres», a-t-il affirmé, expliquant tenir ses informations des relais de son parti dans les deux
villes.
Affirmant
vouloir attirer l'attention du chef de l'État sur «la gravité de la
situation», M. Chebbi l'a appelé à «faire cesser le feu immédiatement».
«J'adresse
un appel urgent au président de la République pour lui demander de
faire cesser le feu immédiatement afin d'épargner la vie des citoyens
innocents et de respecter leur droit à manifester», a-t-il déclaré.
Selon
des témoignages concordants recoupés par l'AFP, au moins quatre
personnes ont été tuées dimanche et plusieurs blessées par balles à
Kasserine, à 290 km au sud de Tunis. Ces sources avaient affirmé que le
bilan devrait s'alourdir dans les heures à venir en raison d'un «grand
nombre de blessés graves».
Sur
les quatre tués dans des affrontements avec la police, trois ont été
tués par balles et identifiés. Il s'agit de Raouf Bouzid, Mohamed Amine
Mbarki et Rabah Nasri, a indiqué Sadok Mahmoudi, membre du bureau
exécutif du syndicat régional de Kasserine. Ce syndicaliste a fait état
d'un quatrième tué sans précision d'identité.
Samedi
soir, des affrontements à Thala, localité situé à 50 km de Kasserine,
avaient fait au moins quatre morts et six blessés graves, selon des
sources syndicales.
Le
gouvernement a fait état dimanche de deux morts samedi à Thala
affirmant que la police avait été attaquée par des individus avant
d'ouvrir le feu dans un acte de «légitime défense».
Leur presse (Agence Faut Payer), 9 janvier.
Tunisie : deux à cinq morts dans les affrontements à Thala
De
violents affrontements entre manifestants et forces de sécurité
tunisiennes ont fait au moins deux morts et huit blessés parmi les
protestataires samedi soir à Thala, dans l'ouest du pays, selon un
bilan communiqué dimanche par le ministère tunisien de l'Intérieur. Un
syndicaliste a de son côté fait état d'au moins cinq personnes tuées
par balles dans la commune, tandis que des violences étaient rapportées
de sources syndicales dans deux autres villes, Kasserine et Regueb.
Le
ministère de l'Intérieur ajoute dans un communiqué que les heurts à
Thala, ville située à 240km à l'ouest de Tunis, dans la région de
Kasserine frontalière de l'Algérie, ont également fait de nombreux
blessés dans les rangs des forces de l'ordre, dont trois qui se
trouvent dans un état grave. Les heurts ont fait deux morts et huit
blessés parmi ce qu'il considère comme des «assaillants», selon le
ministère.
Un
syndicaliste enseignant sur place a déclaré pour sa part à l'Associated
Press que cinq personnes avaient été tuées par balles dans les
accrochages.
Selon
Belgacem Saïhi, les victimes se nommaient Marouane Jomni, 20 ans,
Mohamed Omri, 17 ans, Ahmed Boulâbi, 30 ans, et Nouri Boulâbi, 30 ans.
D'après lui, ce dernier a été mortellement atteint lorsqu'il
transportait avec d'autres personnes le corps inerte de son proche. La
cinquième victime est un jeune de 17 ans, Ghassan Chéniti, qui a
succombé à ses blessures à l'hôpital régional de Kasserine.
Des
unités de l'armée se sont déployées dans la nuit et ont pris position
autour des bâtiments publics et des banques, selon la même source
syndicale.
Un
communiqué du ministère de l'Intérieur diffusé par l'agence
gouvernementale TAP attribue les «actes de violence et de troubles» à
«des groupes d'individus qui ont attaqué à l'aide de cocktails molotov
et de pierres, une station d'essence, le siège local de
l'administration de l'équipement, de l'habitat et de l'aménagement du
territoire et un poste de police».
«Ils
se sont dirigés par la suite au siège de la délégation
(sous-préfecture) qui était sous la protection des forces de ordre,
procédant à son encerclement et l'ont attaqué au moyen de bouteilles
incendiaires, de pierres et de bâtons», relate le communiqué des
autorités.
Après
de «vains» tirs de sommation, les forces de l'ordre ont été
«contraintes d'utiliser les armes, en position de légitime défense»,
ajoute la même source.
Un
responsable gouvernemental qui a requis l'anonymat a avancé lors d'un
entretien avec l'AP, qu'il s'agit de «groupes de semeurs de troubles
qui agissent dans la nuit pour s'attaquer à des bâtiments publics».
Déplorant ces «incidents regrettables», il a justifié la réaction des
forces de l'ordre pour «protéger les personnes et les biens».
Les
accrochages ont repris dimanche à Thala, la police usant de bombes
lacrymogènes pour disperser la foule, selon le syndicaliste qui a dit
avoir entendu des coups de feu et des sirènes d'ambulances.
À
Kasserine, chef-lieu de la région, on signalait de source syndicale au
moins trois morts par balles et de nombreux blessés grièvement atteints
dans la commune lors d'affrontements dans la nuit de samedi à dimanche
entre forces de l'ordre et manifestants. Ces derniers auraient attaqué
des bâtiments publics et des locaux du parti au pouvoir et mis le feu à
des voitures et à des pneumatiques dans plusieurs quartiers.
Selon
le syndicaliste Amor Mhamdi, les accrochages se poursuivaient dimanche
matin dans cette ville proche de la frontière algérienne où l'armée a
aussi été déployée.
Des
affrontements violents ont également eu lieu dimanche dans la localité
de Regueb, située à environ 40km de Sidi Bouzid d'où sont partis les
troubles sociaux la mi-décembre sur fond de chômage et de précarité des
conditions de vie, selon un syndicaliste.
La
police a ouvert le feu sur les manifestants, tuant trois personnes,
Raouf Kaddoussi, 32 ans, Mohamed Jaballi, 23 ans, et une fille Manel
Bent Brahim Layouni, âgée d'une vingtaine d'années, la première femme
victime des troubles depuis le déclenchement du mouvement de
protestation sociale en Tunisie, a rapporté le syndicaliste Kamel
Laâbidi, joint au téléphone par l'Associated Press. Ce bilan a été
confirmé par un témoin oculaire, Khéreddine Zini, un chômeur ayant un
diplôme de maîtrise présent sur les lieux. Tous deux ont recensé plus
de 10 blessés graves transférés dans des hôpitaux de régions
limitrophes.
«Une
grande foule est descendue dans les rues, hommes et femmes jeunes et
vieux. Des commerces on été incendiés, des motos et des pneumatiques
sont en feu», a décrit le syndicaliste qui suivait sur place les
événements.
Leur presse (AP), 9 janvier.
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