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  Post� le dimanche 09 janvier 2011 @ 21:11:10 by anarkorevolter
Contributed by: anarkorevolter
Compte Rendus

Massacres : plus de 50 morts à Kasserine Thala, Feriana, Regueb, Meknassi

 

De violents affrontements se sont poursuivis entre la nuit de samedi et ce dimanche matin ayant entrainé plus de 50 morts dans les villes de Thala (16), Kasserine (22), Meknassi (2), Feriana (1) et Reguab (8). Les forces spéciales et des milices parallèles (escadrons de la mort) ont utilisé des balles réelles pour venir à bout des manifestations qui ont duré jusqu’à l’aube de la matinée d’aujourd’hui. Des témoins sur place ont qualifié ce qui s’est passé de «massacre des civils». Les forces spéciales ont tiré sur les cortèges funèbres et empêché les cérémonies d'ensevelissements.


Kalima a appris que la police a tiré à balles réelles sur le cortège funèbre d’un manifestant tué par balles, obligeant à l’abandon du cercueil de ce dernier sur la route menant au cimetière. Des sources ont déclaré que le nombre de morts définitif n’a pas pu être déterminé. Néanmoins vingt deux personnes auraient été tuées par les forces de l'ordre durant les affrontements d’hier à Kasserine. À la cité Ennour dans la ville de Kasserine, cinq manifestants ont été tués. Il s’agit de Raouf Bouzidi, Salah al Fridhi, Mounir Mbarki, Mohammed Lassoudi et Abdelkader Boulaabi. Dans la cité Ezouhour, trois personnes sont mortes. L’identité de seulement l’un d’entre eux a été révélée, il s’agit de Salah El Boughanmi.

 

16 personnes au moins ont été tuées et plusieurs autres grièvement blessées par balles dans des affrontements entre manifestants et forces de sécurité à Thala. Il s’agit de Marwan Jomli, Ahmed Boulaabi, Nouri Boulaabi, Marwane Mbarek, Nouri Boulaabi, Marawne Anemri, Ghassane Ben Taib Cheniti, Mohamed Omri, et un vielliard âgé de 90 ans, de nom de Bechir El Mbarki asphyxié par les gaz lacrymogènes.

 

Les mêmes sources ont fait état de trois cadavres jetés dans l’oued proche de l’hôpital régional de Kasserine.

 

Dans la ville de Feriana, des sources ont fait état d’un bilan provisoire de plusieurs blessés et de la mort d’un jeune de 13 ans dont l’identité n’a pas été encore révélée ; une vingtaine de personnes grièvement blessées ont été transférées vers l’hôpital Habib Bourguiba de Sfax et vers celui de Kasserine.

 

Dans la ville de Meknassi, les affrontements qui se sont poursuivis ont fait deux morts, Chihab Alibi et Youcef Fitouri, et sept blessées graves ont été transférés vers l’hôpital de Gafsa.

 

À Reguab (au centre, 90 km de Sfax), des affrontements ont fait plus de 8 morts et 7 blessés graves dans la nuit du samedi à dimanche.

 

Par ailleurs, le consulat de Tunisie à Pantin, a connu, le dimanche 9 janvier, un explosif qui a causé des dégâts légers sur le portail. Suite à cet incident, l’ambassadeur de Tunisie, Raouf Najar, a déclaré que l’ambassade était victime d’un attentat terroriste qui serait dû à l’amplification des événements de protestation sociale qui secouent le pays.

 

Radio Kalima, 9 janvier 2011.


 

Dans la région de Kasserine, la nuit dernière, ce sont au moins vingt personnes (dont Marwan Jemni, Mohamed Amri, Nouri Boulaabi, Ammar Boulaabi, Ahmed Boulaabi, Heddaoui Chniti, Mounir Mbarki, Salah Lifridhi, Mohamed Assouadi, Raouf Bouzidi) qui ont été massacrées (voir ici et ici). Des snipers armés de Steyr AUG (portée : 300-500 m) ont été déployés et l’on signale également des tirs à Selyana, Jebeniana, Regueb (au moins une femme tuée), Talah (au moins un homme tué).

 

 

Mohamed Amin Mbarky, tué à Kasserine

 

 

 

 

À l’hôpital de Kasserine

 

 

Une victime mortellement blessée à la tête cette nuit à Thala

 

Balles de 5.56 mm utilisées par l’armée à Talah

 

Marwen Jemali

 

Une des victimes de la nuit à Talah

 

 

Le lacrymogène PLMP 7B utilisé à Maknassy

(made in France)

 

Une des victimes de Thala

 

 

 

Soutien aux camarades qui se battent sur le front

du centre-ouest et du nord-ouest tunisien !

 

Dimanche 9 janvier 2011, 15 heures.

Tunisie : cinq morts dans des accrochages entre émeutiers et forces de l’ordre

 

La télévision «Al Arabiya» affirme, à l’instant, que des accrochages ont opposé, la nuit dernière, des manifestants aux policiers en Tunisie. Les violences ont lieu dans la localité de Tala, située dans la province de Kasserine (centre-ouest du pays). «Al Arabiya» affirme que cinq personnes ont été tuées, alors que l’agence AFP avance un bilan moins lourd, avec quatre victimes, et six blessés.

 

MédiArabe.info, 9 janvier 2011.

 

 

Tunisie : nouveaux affrontements, quatre morts, soutien syndical au mouvement

 

Quatre personnes au moins ont été tuées et six autres grièvement blessées samedi soir par balles lors de nouveaux affrontements entre manifestants et forces de l'ordre en Tunisie, confrontée à une révolte sans précédent contre le chômage.
À Tunis, lors d'un rassemblement public samedi, la centrale syndicale unique, l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), a proclamé son appui aux revendications «légitimes» du mouvement.

 

Les victimes de samedi ont été tuées lorsque les forces de l'ordre ont ouvert le feu sur des manifestants dans le centre de Tala, une localité proche de Kasserine, dans le centre-ouest du pays, a indiqué à l'AFP Belgacem Sayhi, un instituteur syndicaliste.

 

Durant les affrontements, Marwane Jomni, 20 ans, Ahmed Boulaabi, 30 ans, Mohamed Omri, 17 ans et Nouri Boulaabi, 30 ans, ont été tués et plusieurs autres personnes ont été blessées, selon un bilan provisoire recueilli auprès de M. Sayhi, et corroboré par deux habitants ayant requis l'anonymat.

 

Parmi les blessés, six ont été très grièvement atteints et transférés dans un hôpital de Kasserine, chef-lieu de la région, selon les mêmes sources, où des affrontements sanglants ont été également signalés dans la nuit de samedi à dimanche. Un enfant de 12 ans aurait été tué d'une balle à la tête dans la cité Ennour, a affirmé un témoin ayant requis l'anonymat.

 

Les autorités sollicitées n'ont ni confirmé ni infirmé ces affrontements, encore moins leur bilan. S'il se confirmait, il porterait à au moins six morts le nombre de tués par balles depuis que Mohamed Bouazizi, 26 ans, s'est immolé par le feu le 17 décembre à Sidi Bouzid (265 km au sud de Tunis) pour protester contre la saisie de son étal de primeurs.

 

Il est devenu depuis le symbole d'une révolte contre la précarité sociale et le chômage, notamment celui des jeunes diplômés.

 

À Tunis, devant quelques centaines de personnes strictement encadrées par des centaines de policiers en civil et des unités anti-émeutes, le secrétaire général adjoint de l'UGTT, Abid Brigui, a proclamé son appui aux revendications «légitimes».

 

«Nous soutenons les revendications de la population de Sidi Bouzid et des régions intérieures», a-t-il déclaré à la foule depuis les locaux de la centrale, sur la place Mohamed Ali.

 

«Il est contre nature de condamner ce mouvement, il n'est pas normal d'y répondre par des balles», a-t-il lancé sous les applaudissements, appelant plutôt au �«dialogue avec les jeunes».

 

La foule a observé une minute de silence à «la mémoire des martyrs» du mouvement social, entre hymne national et chansons engagées diffusés par hauts-parleurs.

 

La veille, Tala a été le théâtre d'affrontements violents durant lesquels les manifestants ont saccagé des biens et mis le feu à une banque et à des bâtiments officiels, selon un dirigeant syndical local.

 

Selon ce témoin joint par téléphone, l'armée s'est déployée samedi pour la première fois depuis le début des troubles, autour des bâtiments officiels.

 

Vendredi, cinq manifestants et un agent de sécurité ont été blessés lors d'un affrontement violent à Saïda, une localité proche de Sidi Bouzid.

 

Ce qui devait être une marche pacifique de lycéens, rejoints en cours de route par des habitants du village, a dégénéré en affrontements avec les forces de sécurité, qui ont fait usage de lacrymogènes, puis de leurs armes à feu, selon des témoins.

 

De nouvelles tentatives de suicide ont par ailleurs été signalées samedi par des témoins à Kasserine et à Sidi Bouzid, dont celle d'un père de quatre enfants, Moncef Abdouli, 52 ans, qui a tenté de mettre fin à ses jours en s'immolant par le feu près du marché, en plein centre-ville.

 

À Kasserine, un jeune chômeur, Hilmi Khadraoui, s'est aspergé de pétrole près du lycée, tandis qu'un homme de 35 ans avait tenté de se suicider après une manifestation, selon un journal privé local.

 

Traditionnel allié de la Tunisie, les États-Unis de sont dit «préoccupés» vendredi par les troubles et ont convoqué l'ambassadeur de ce pays à Washington, Mohamed Salah Tekaya, pour demander le respect des libertés individuelles, notamment en matière d'accès à l'internet.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 9 janvier.

 

 

Explosion au consulat de Tunisie à Pantin

 

Le consulat de Tunisie à Pantin (Seine-Saint-Denis) a subi une «petite explosion» d'origine indéterminée tôt ce matin, qui a occasionné «des dégâts minimes» sur son rideau métallique, a-t-on appris de source policière, tandis que l'ambassadeur dénonçait un «acte terroriste».

 

 

De source policière on faisait état d'«une petite explosion peu avant 05H00 qui a entraîné des dégâts minimes sur la devanture métallique du consulat».

 

Dans une déclaration à l'AFP, l'ambassadeur de Tunisie en France, Raouf Najar, a dénoncé «un acte terroriste» : «la désinformation ces derniers jours sur ce qui se passe en Tunisie est telle que tout en devient possible, même cet acte terroriste».

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 9 janvier.

 

 

Tunisie : décès d'un lycéen

 

Le lycéen qui s'était immolé par le feu mercredi dernier à l'Ariana, près de Tunis, Aoub Hamdi, a succombé à ses blessures et a été inhumé samedi, a-t-on appris auprès du secrétaire général du syndicat de l'enseignement secondaire Sami Tahri.

 

Des versions contradictoires avaient circulé sur les mobiles à l'origine de son geste, tantôt attribué à ses mauvais résultats scolaires, tantôt à sa convocation par le directeur du lycée qui le suspectait d'avoir été à l'origine d'une agitation parmi les élèves.

 

Dans le même temps, à Sidi Bouzid, la région du centre-ouest où avaient commencé, à la mi-décembre, les troubles sociaux à la suite de l'immolation d'un vendeur ambulant décédé des suites de ses blessures, une nouvelle tentative de suicide a eu lieu samedi.

 

Chômeur et père de quatre enfants, Moncef Belkéfi Abdouli, la quarantaine, s'est aspergé d'essence et y a mis le feu dans un parking situé derrière le souk de la ville, a relaté le syndicaliste Slimane Rouissi, présent sur les lieux.

 

Secouru par des gens sur place et ensuite par la protection civile, il a été aussitôt transféré à l'hôpital de Sidi Bouzid. Sa vie ne semble pas en danger, a-t-il précisé.

 

Une autre tentative de suicide a eu lieu à Kasserine (centre) : un jeune homme de 17 ans, Hilmi Khadhraoui, a attenté à sa vie en s'aspergeant de pétrole, selon le syndicaliste Abdelwahed Homri. Vite secouru, sa vie ne semble pas non plus en danger.

 

Sollicitées par l'agence Associated Press, les autorités n'ont ni infirmé ni confirmé ces développements.

 

Leur presse (AP), 8 janvier.

 

 

Tunisie : six blessés lors de heurts près de Regueb

 

Cinq manifestants et un agent de l'ordre ont été blessés lors d'affrontements vendredi à Saïda près de la ville de Regueb, non loin de Sidi Bouzid dans le centre-ouest de la Tunisie secoué par des troubles sociaux sur fond de chômage et de précarité, selon plusieurs témoins.

 

Selon l'un d'eux, des heurts ont opposé depuis la matinée plusieurs centaines de personnes, élèves et habitants, aux forces de l'ordre ce qui a donné lieu à des échanges de jets de pierres et de bombes lacrymogènes. Les accrochages se sont étendus par la suite à la localité de Saïda, à 20 km de Regueb.

 

Alors que les manifestants mettaient le feu à des pneumatiques et lançaient des projectiles sur un poste de sécurité, les forces de l'ordre ont réagi en ouvrant le feu sur la foule, faisant cinq blessés dont deux ont été grièvement touchés par les balles, l'un à l'épaule et l'autre à la poitrine, a relaté depuis l'hôpital de Regueb un témoin oculaire qui a requis l'anonymat lors d'un entretien téléphonique avec l'Associated Press. Un agent de l'ordre a aussi été blessé, selon cette source.

 

Sollicitées par l'AP, les autorités ont déclaré ne pas avoir de confirmation de ces événements.

 

Leur presse (AP), 8 janvier.

 

Tunisie : 20 morts dans le centre, selon un dirigeant de l'opposition

 

Un dirigeant de l'opposition a fait état dimanche d'au moins 20 personnes tuées par balles à Thala et Kasserine, dans le centre-ouest de la Tunisie, et a appelé le président Zine El Abidine Ben Ali à «faire cesser le feu».

 

«Les informations qui nous proviennent de Kasserine et Thala font état d'au moins vingt morts tombés sous les balles depuis samedi dans des affrontements qui se poursuivaient ce matin même», a déclaré à l'AFP Ahmed Nejib Chebbi, chef historique du Parti démocratique progressiste (PDP, opposition légale).

 

«On a tiré sur les cortèges funèbres», a-t-il affirmé, expliquant tenir ses informations des relais de son parti dans les deux villes.

 

Affirmant vouloir attirer l'attention du chef de l'État sur «la gravité de la situation», M. Chebbi l'a appelé à «faire cesser le feu immédiatement».

 

«J'adresse un appel urgent au président de la République pour lui demander de faire cesser le feu immédiatement afin d'épargner la vie des citoyens innocents et de respecter leur droit à manifester», a-t-il déclaré.

 

Selon des témoignages concordants recoupés par l'AFP, au moins quatre personnes ont été tuées dimanche et plusieurs blessées par balles à Kasserine, à 290 km au sud de Tunis. Ces sources avaient affirmé que le bilan devrait s'alourdir dans les heures à venir en raison d'un «grand nombre de blessés graves».

 

Sur les quatre tués dans des affrontements avec la police, trois ont été tués par balles et identifiés. Il s'agit de Raouf Bouzid, Mohamed Amine Mbarki et Rabah Nasri, a indiqué Sadok Mahmoudi, membre du bureau exécutif du syndicat régional de Kasserine. Ce syndicaliste a fait état d'un quatrième tué sans précision d'identité.

 

Samedi soir, des affrontements à Thala, localité situé à 50 km de Kasserine, avaient fait au moins quatre morts et six blessés graves, selon des sources syndicales.

 

Le gouvernement a fait état dimanche de deux morts samedi à Thala affirmant que la police avait été attaquée par des individus avant d'ouvrir le feu dans un acte de «légitime défense».

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 9 janvier.

 

 

Tunisie : deux à cinq morts dans les affrontements à Thala

 

De violents affrontements entre manifestants et forces de sécurité tunisiennes ont fait au moins deux morts et huit blessés parmi les protestataires samedi soir à Thala, dans l'ouest du pays, selon un bilan communiqué dimanche par le ministère tunisien de l'Intérieur. Un syndicaliste a de son côté fait état d'au moins cinq personnes tuées par balles dans la commune, tandis que des violences étaient rapportées de sources syndicales dans deux autres villes, Kasserine et Regueb.

 

Le ministère de l'Intérieur ajoute dans un communiqué que les heurts à Thala, ville située à 240km à l'ouest de Tunis, dans la région de Kasserine frontalière de l'Algérie, ont également fait de nombreux blessés dans les rangs des forces de l'ordre, dont trois qui se trouvent dans un état grave. Les heurts ont fait deux morts et huit blessés parmi ce qu'il considère comme des «assaillants», selon le ministère.

 

Un syndicaliste enseignant sur place a déclaré pour sa part à l'Associated Press que cinq personnes avaient été tuées par balles dans les accrochages.

 

Selon Belgacem Saïhi, les victimes se nommaient Marouane Jomni, 20 ans, Mohamed Omri, 17 ans, Ahmed Boulâbi, 30 ans, et Nouri Boulâbi, 30 ans. D'après lui, ce dernier a été mortellement atteint lorsqu'il transportait avec d'autres personnes le corps inerte de son proche. La cinquième victime est un jeune de 17 ans, Ghassan Chéniti, qui a succombé à ses blessures à l'hôpital régional de Kasserine.

 

Des unités de l'armée se sont déployées dans la nuit et ont pris position autour des bâtiments publics et des banques, selon la même source syndicale.

 

Un communiqué du ministère de l'Intérieur diffusé par l'agence gouvernementale TAP attribue les «actes de violence et de troubles» à «des groupes d'individus qui ont attaqué à l'aide de cocktails molotov et de pierres, une station d'essence, le siège local de l'administration de l'équipement, de l'habitat et de l'aménagement du territoire et un poste de police».

 

«Ils se sont dirigés par la suite au siège de la délégation (sous-préfecture) qui était sous la protection des forces de ordre, procédant à son encerclement et l'ont attaqué au moyen de bouteilles incendiaires, de pierres et de bâtons», relate le communiqué des autorités.

 

Après de «vains» tirs de sommation, les forces de l'ordre ont été «contraintes d'utiliser les armes, en position de légitime défense», ajoute la même source.

 

Un responsable gouvernemental qui a requis l'anonymat a avancé lors d'un entretien avec l'AP, qu'il s'agit de «groupes de semeurs de troubles qui agissent dans la nuit pour s'attaquer à des bâtiments publics». Déplorant ces «incidents regrettables», il a justifié la réaction des forces de l'ordre pour «protéger les personnes et les biens».

 

Les accrochages ont repris dimanche à Thala, la police usant de bombes lacrymogènes pour disperser la foule, selon le syndicaliste qui a dit avoir entendu des coups de feu et des sirènes d'ambulances.

 

À Kasserine, chef-lieu de la région, on signalait de source syndicale au moins trois morts par balles et de nombreux blessés grièvement atteints dans la commune lors d'affrontements dans la nuit de samedi à dimanche entre forces de l'ordre et manifestants. Ces derniers auraient attaqué des bâtiments publics et des locaux du parti au pouvoir et mis le feu à des voitures et à des pneumatiques dans plusieurs quartiers.

 

Selon le syndicaliste Amor Mhamdi, les accrochages se poursuivaient dimanche matin dans cette ville proche de la frontière algérienne où l'armée a aussi été déployée.

 

Des affrontements violents ont également eu lieu dimanche dans la localité de Regueb, située à environ 40km de Sidi Bouzid d'où sont partis les troubles sociaux la mi-décembre sur fond de chômage et de précarité des conditions de vie, selon un syndicaliste.

 

La police a ouvert le feu sur les manifestants, tuant trois personnes, Raouf Kaddoussi, 32 ans, Mohamed Jaballi, 23 ans, et une fille Manel Bent Brahim Layouni, âgée d'une vingtaine d'années, la première femme victime des troubles depuis le déclenchement du mouvement de protestation sociale en Tunisie, a rapporté le syndicaliste Kamel Laâbidi, joint au téléphone par l'Associated Press. Ce bilan a été confirmé par un témoin oculaire, Khéreddine Zini, un chômeur ayant un diplôme de maîtrise présent sur les lieux. Tous deux ont recensé plus de 10 blessés graves transférés dans des hôpitaux de régions limitrophes.

 

«Une grande foule est descendue dans les rues, hommes et femmes jeunes et vieux. Des commerces on été incendiés, des motos et des pneumatiques sont en feu», a décrit le syndicaliste qui suivait sur place les événements.

 

Leur presse (AP), 9 janvier.

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