Ce Jeudi 14 Octobre 2010, devait se tenir devant le MEDEF à Paris, à
15H30,une manif de lycéens, en pleine effervessence lycéenne, étant
donné tous les blocages et manifs d’aujourd’hui. Ce fût épique !
14H30, les premiers groupes de lycéens/ennes sortent du Métro Ecole
Militaire ; ils sont pris en charge aussitôt par un flic en civil et une
femme badgée de pied en cap, qui, avec des " C’est par là, les jeunes "
pleins d’autorité, les orientent vers... la Tour Eiffel !!! Et oui ! On
zappe le MEDEF, qui est pourtant là, bien visible dans l’Avenue
Duquesne, encagé par les camions-grilles... Les civils, mine de rien,
siègent en plein milieu du trottoir et de l’Avenue, décourageant toute
éventuelle velleïté d’aller plus loin... Mais, de toutes façons, le
coeur n’y est pas, et les lycéens-moutons de Panurge suivent docilement
leurs deux guides jusqu’à la Place Joffre ( Puisqu’on vous avait dit
école " militaire " !!! )... Mais, ils sont si jeunes !
Nos guides vont emmener comme ça tous les groupes là-bas, les uns
après les autres ; Quand, une heure plus tard, le bouchon, poussé trop
loin, va commencer à céder.... Les 1500 lycéens environ, vont envahir
subitement, et dans un grand chahut, la route, abandonnant la Tour
Eiffel, et semblant se rappeler où se trouve le Medef... Retour en
arrière... Mais les orgas veillent, mettent en place un cordon S.O comme
des grands ; et celui-ci freine tant et plus la progression des
lycéens ; comme si approcher le MEDEF était de la plus haute
dangerosité. D’ailleurs, ils bloqueront tout le monde 50 mètres avant la
limite imposée par les flics eux-mêmes.
Donc les Orgas n’ont confiance ni dans les flics ni dans les
lycéens ; et de plus, imposent aux lycéens des mesures beaucoup plus
draconiennes que la Police elle-même !!! Ils réussiront à maintenir les
lycéens dans ces étroites limites jusqu’à la dispersion... Jamais une
fois, on n’entendra un simple " A bas le MEDEF " qui aurait bien été le
minimum " syndical " !!! Les lycéens, pas terrible d’inspiration, s’en
tiendront à un " La retraite à 60 ans ! " répété mille fois...
Une première tentative de manif sauvage lancée par les plus
dynamiques, et sans doute moins encartés, va échouer ; La manif va
partir dans la direction de Montparnasse, selon l’itinéraire
Orgas/police... Arrivés Place Montparnasse, une nouvelle tentative de
sauvage, direction la Gare, rue de l’Arrivée, va échouer, elle aussi,
lamentablement. Un petit groupe part dans la rue de l’Arrivée en
appelant les copains.... Aussitôt, un étudiant encarté s’interpose et
vient les sermonner : " Ca va pas ! Les Cheminots sont en grève depuis 3
jours ! On va pas aller dans la Gare !!! ". Silence dans la salle... Il
ajoute, finaud : " Les flics sont derrière nous ! Ils vont nous
arrêter !! ". Et cette fois, ça marche... Retour sur le parcours
Orgas/flics, Boulevard de Montparnasse.
Là, nouvelle tentative de partir dans une petite rue à droite... A
nouveau les Orgas reprennent tout en mains... Avec des frictions ; On
en vient aux mains ! Des cris fusent : " Unef-Medef... Co-lla-bos !!! "
partout, les orgas interviennent avec des " C’est par là "
autoritaires... pour finir par emmener tout le monde au bout de cette
Odyssée : Place du Luxembourg, bien cernés par les keufs. La voiture des
orgas s’éloigne en crachant dans son micro des " Rendez-vous pour les
Retraites, telle date, etc..." Alors, un immense cri s’élève de la
foule, ponctué de sifflets et de " Houeee !!! " avec des doigts levés
sans équivoque... Ils vont essayer de prendre Soufflot " dit un keuf...
Soufflot est plein d’armures et de matraques... C’est pas pour cette
fois....
La manif sauvage peut commencer... direction Saint Michel,
d’abord.... Avec des " A bas l’Etat, les flics et les Patrons !!! " et "
A bas le Salariat ! " " Plus de travail du tout !!! " qui sont un autre
programme... Pont Saint Michel, un flic en uniforme fait signe aux
manifstants d’avancer sur le Pont... Méfiance...
Tout le monde préfère tourner à gauche... et traverser la Seine sans
encombres, sur le pont plus loin... Mais les civils on tuyautés les
convois par téléphone, et Rue de Rivoli, à quelques mètres près, c’est
le Clash !
Les Robotcops tombent des camions, hargneux, et bloquent quasiment
tout le monde... Reflux vers Chatelet... Le groupe est coupé en deux...
Un dernier effort sur le Boulevard Sébastopol, et tous décident de se
disperser.
Fin de l’épisode ! Où l’on a vu d’étranges manipulations et des
stratégies de libération s’imposer non sans mal, mais radicalement tout
de même. RIMBE
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