
Semira Adamu (1978-1998) était une
demandeuse d’asile d’à peine 20 ans, originaire du Nigeria
qui a été étouffée à mort avec un oreiller par deux policiers belges lors d’une tentative pour «la calmer» au cours de son expulsion. Elle avait fui le Nigeria car on voulait l’y marier de force.
Depuis lors, chaque année, une manifestation se déroule en son hommage. La manifestation de cette année devait commencer à 14
heures à la gare de Nossegem.
La
police en a décidé autrement. Les gens qui sortaient du train ont été
fouillés, filmés, ont dû justifier de leur identité. La gare
était également le lieu de rendez-vous pour les cyclistes et les
gens venus en voiture. Ils ont eu le droit au même traitement.
Paranoïaques
comme ils savent être, la police a même considéré une petite feuille de
papier avec quelques noms étrangers, trouvée dans
une voiture comme une preuve que les activistes étaient en fait des
passeurs.
Enfin,
la manifestation se mit en marche et arriva bientôt au centre de
détention. Il avait été en grande partie vidé, mais certains
migrants étaient encore là et ont essayé de prendre contact avec les
activistes de l’extérieur.
Nous
étions attendus : les autorités avaient prévu des hélicoptères, des
chevaux, des canons à eau et un gros effectif de policiers
suréquipés. Tout cela pour environ 100 manifestants. La moindre
tentative de faire une action, même symbolique, comme un sit-in devant l’entrée principale, a conduit à l’arrestation immédiate de 11 militants.
Il y a eu certain temps de répit jusqu’à ce que la police montée décide de repousser les manifestants vers la gare. Malgré leur petit nombre, les manifestants n’ont pas été intimidés et des chaînes ont été formées à l’avant et à l’arrière du cortège.
La situation est devenue très tendue, il était clair que la police avait hâte d’utiliser cette technologie hors de prix dont elle avait été pourvue pour
l’occasion. Cependant, deux personnes ont été gravement
maltraitées sans raison apparente. Une femme a fini à l’hôpital après avoir été frappée à la tête. Un photographe a été «puni» pour avoir pris une photo d’un policier qui avait des ecchymoses au visage. Ce bleu n’a pourtant pas empêché cet officier de police d’arracher la caméra. Ils ont traîné le photographe derrière un bloc de béton et
l’ont matraqué sans retenue. Un avocat, témoin de
l’incident a confirmé que ce n’était en aucun cas une situation qui justifiait la légitime défense des
policiers. À ce stade de l’action 4 ou 5 personnes avaient
été arrêtées.
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La
manifestation a finalement atteint la gare de Nossegem, où la plupart
des manifestants arrêtés ont été libérés. Les manifestants à
pied ont pris le train, «escortés» par un certain nombre de
policiers. Dans le même temps les gares de Bruxelles-Nord et Schaerbeek
ont été occupées par d’autres policiers afin de s’assurer que personne ne descendrait du train «non-protégé».
Ce soir
tout le monde est revenu en toute sécurité au camp, autant que nous
sachions. Le camp ne fait que commencer officiellement ce
lundi, il est donc difficile de dire si la réaction de la police
durant et après l’action d’aujourd’hui
donnera le ton de ce qui nous attend cette semaine. Il est devenu
clair cependant que la détermination des militants face à cette réaction
policière ridiculement exagerée demeure inébranlable
!
Indymedia Bruxelles, 27 septembre 2010.
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