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  Posté le vendredi 16 juillet 2010 @ 02:10:31 by anarkorevolter
Contributed by: anarkorevolter
Pourquoi y a-t-il un schisme dans la résistance entre les organisations dites non-violentes et les autres prônant la destruction de la propriété privée et l'autodéfense face à l'appareil répressif policier ? Conseils pour une unité de la gauche.

***Ce texte est écrit en mon nom personnel et n’engage en rien l’opinion des groupes auxquels je peux être liés.***

Il peut nous arriver d’être surpris lorsque l’on confronte sa vision politique aux autres. Par exemple, l’image du militantisme véhiculée par les mass-médias n’a pas fini de me lasser pas leur ignorance.
Plusieurs éditorialistes, politiciens et autres gens bien-pensants…tous ont récemment soulevé des interrogations portant sur la nature de ce qu’ils appellent le " mouvement anti-mondialisation ". Les mass-médias nous bombardent d’images de batailles rangées entre police et manifestants, une columniste du journal Le Soleil écrivait même " Le contenu perdu dans la rue ", … de façon générale, tous s’entendent pour condamner la " violence " qui résulte des réunions des plus grands argentiers du monde.
Dans un éditorial récent, Richard Martineau du journal Voir avançait que ces manifestations aux affrontements prévisibles constituaient de plus en plus un cul-de-sac et il y allait même de sa propre proposition à Philippe Duhamel, du groupe d’action non-violente SalAMI, dans le but d’insouffler un peu de ‘productivité’ à ce mouvement. En retournant aux bons vieux boycotts, les citoyens, dans une volonté morale toute pavlovienne, ‘puniraient’ les entreprises douteuses et ‘récompenseraient’ les autres plus soucieuses.

Avant de débuter, clarifions certaines relations. Je crois qu’il existe deux façons de faire la résistance : 1) contester, s’opposer, dire son désaccord face à un objet; et 2) construire, bâtir, faire d’autres avenues que celles empruntées par le système critiqué. Les premiers sont ce qu’on appelle des moyens de contestation, alors que les seconds constituent des alternatives à emprunter dès maintenant pour contrer la ‘culture’ de l’oppresseur; tous représentent des moyens de résistance.

Maintenant, utilisons l’exemple de Martineau pour démontrer l’insignifiance du concept de ‘productivité’ dans les moyens de contestations.

Les moyens de contestation n’ont jamais tout changé, ou pire, elles en ont changé juste assez pour entraîner la mort du mouvement social, mais si peu pour enrayer les inégalités. Préparer la révolution revient quasiment à accepter de faire des sacrifices majeurs pour des changements beaucoup trop mineurs (une réforme). D’un autre côté, les militants n’ont qu’une absence de certitude sur les finalités futures du militantisme; ce qui ne manque pas de les questionner sur l’absurdité de leur engagement. Autrement dit, le FLQ n’a pas fait la séparation ni annihilé les antagonismes de classes. En plus, qu’est-ce qui me dit que ma petite part d’effort comptera dans la balance de l’Histoire contre une telle masse endormie par l’idéologie de la consommation ? Dans une volonté de changement radical tel que le nécessite l’ampleur des enjeux écologiques et humains aujourd’hui, il est nécessaire de pousser la lutte plus loin et penser réllement ‘autrement’ : Équiterre, un organisme qui contribue à ce que l’exploitation du café soit équitable pour les paysans qui le récolte est, à mon sens, un bon exemple de lutte révolutionnaire.

S’il est impossible de démontrer la valeur intrinsèque de la morale au moyen de la technique behaviorale de Martineau, c’est que le boycott constitue nécessairement un instrument du statu quo réformiste plutôt que l’agent d’un réel changement politique. On pourrait aller encore plus loin et affirmer que tous les moyens de contestation sont enfermés dans le réformisme.

Les boycotts ont souvent été utilisés durant les grèves ouvrières des années 60 et 70. À l’époque d’une économie encore régionale, les boycotts représentaient un instrument de négociation important lors de conflits de travail. On peut se rappeler, entre autres, le boycott des produits Cadbury, dont certains aînés suivent encore le mot d’ordre aujourd’hui. À l’heure de la mondialisation, alors que les économies nationales tentent de s’unifier dans un élan menaçant pour les espaces de citoyenneté, les boycotts se devraient donc aussi d’être d’ordre mondial pour pouvoir réellement affecter le capital des oligarchies économiques. Dans la mesure des moyens mis à la disposition des travailleurs, il me semble justifié de s’interroger sur le potentiel de faisabilité d’une telle entreprise. Selon une approche radicale, cela équivaut à du gaspillage d’énergie.
Les multinationales auront beau augmenter les salaires, offrir une protection sociale, être plus respectueuses de l’écologie… elles fonctionneront toujours sur une pyramide du pouvoir qui fait que celui qui est en haut compte beaucoup plus et gagne beaucoup plus que tout ceux qui sont en bas. Tout bien de consommation possède donc une violence intrinsèque, celle d’une autorité illégitime. Ce ne serait pas le cas si lesdits biens étaient produits en réelle liberté et démocratie.
À mon sens, s’il est toujours nécessaire de continuer d’exprimer notre désaccord face à la gestion de nos sociétés par des moyens de contestation (manifs, boycotts, sabotage des équipement de production,…) et ce, peu importe le capital médiatique qui peut en être accumulé, je crois surtout que nous devons travailler à construire des alternatives à la culture capitaliste. Des initiatives locales, communautaires, non-hiérarchisées et nées d’associations libres de gens libres.

Premièrement, le ‘consumérisme éthique’, la valeur cachée derrière les boycotts à l’échelle mondiale, est une spirale sans fin qui préfère diviser plutôt que rassembler les forces du changement.
Dans les sociétés capitalistes, toute consommation est le produit de l’exploitation d’un travail. En gonflant la valeur réelle d’un bien, le propriétaire obtient un profit. C’est ce profit qui lui permettra d’étendre les opérations de son entreprise et ainsi créer des emplois qui permettront la consommation de ces mêmes biens. En simple, les travailleurs produisent des biens que leurs patrons leur revendent.
Or, boycotter, logiquement, devrait nous obliger à renoncer à tout type de consommation de biens puisque sa production équivaut à une exploitation. Dans les limites du quotidien et du niveau d’engagement de chacun, cette naïve entreprise anti-capitaliste semble de nouveau peu réaliste.
Ça ne signifie pas qu’on ne doive pas faire attention à ce qu’on achète ou ne pas tenter d’organiser des boycotts, mais simplement que ces moyens sont aussi " improductifs " que des manifestations-spectacles ou du sabotage…ils ne changent rien à la structure de production des biens de consommation. Ce n’est encore qu’une attitude d’opposition au pouvoir, au même titre que les manifs à pancartes ou les affrontements avec les policiers. En ce sens, les moyens de contestations sont réformistes.

De plus, le consumérisme éthique des boycotts contribue, lorsqu’appliqué à une échelle globale, à une conception élitiste du militantisme. Cette attitude glorifie les militants en les élevant au rang de " personnes plus vertueuses " que le ‘simple citoyen aliéné qui mange du McDo et lit le journal de Montréal’. Cet autoritarisme moral nuit à la mission éducative du militantisme qui doit plutôt , je crois, naître d’une démarche intellectuelle initiée par le libre-arbitre de chaque individu. Tel Socrate qui disait ne pas savoir si la vertu est le fruit de l’éducation ou si elle constitue une composante primaire de la nature humaine, il en revient à chacun de définir la valeur de son engagement.
Le temps, la réflexion, la profondeur de notre engagement est en relation avec qui nous désirons être. Une mère de famille monoparentale, un étudiant qui travaille 25 heures semaine ou un jeune de la rue, ça pense, ça vit et ça survit différemment. S’ils s’entendent tous sur un commun ennemi, c’est déjà le fondement fragile d’une ébauche de mouvement social pour lequel il ne faut surtout pas risquer la division.

Monsieur Martineau aurait donc raison de rester critique face à la " productivité " de la démarche de désobéissance civile de monsieur Duhamel. Ce qui empêche les choses de débloquer et les groupes de s’unifier, la véritable " productivité " du milieu militant, c’est la dénonciation publique des ‘casseurs’et leur conséquente délation par certains groupes, dont celui de Duhamel.

Sur le site web de SalAMI, nous apprenons que " Trois principes animent le travail de ce réseau et fournissent les assises qui lui ont permis de mener avec succès ses campagnes de mobilisation : la nonviolence, la formation et la transparence. ". La transparence leur permet d’utiliser le pouvoir des mass-médias, la formation vise à préparer les militants à l’arrestation et ainsi engorger le système légal. Finalement, et le plus important, toutes ces actions se doivent d’être menées de façon non-violente.

Nous pouvons critiquer la démarche de monsieur Duhamel sur chacun de ces trois points.

Primo, on devrait s’interroger sur le principe de transparence et la capacité des mass-médias de rapporter la " justesse d’une cause ".
Nous savons que leur présentation des informations se doit de ne pas trop aller à l’encontre des intérêts des patrons des chaînes corporatives et de leurs annonceurs. Si Radio-Canada révéalit multiples scandales sur les producteurs de lait du Québec, il y a fort a parier que l’émission 4 et demi… perdrait rapidement son commanditaire principal. Dans la même veine, si quelques graffiti à la craie et ballons de peinture les empêchent de présenter les véritables enjeux, ne devrait-on pas plutôt s’interroger sur les liens entre la presse et le pouvoir en place au lieu de diviser l’ébauche d’un mouvement social dont l’hétéroclisme des idées et des actions fait la force ?

Secundo, l’engorgement du système juridique est un autre moyen de lutte considéré ‘productif’. Premièrement, les activistes salamistes doivent recevoir une formation pour savoir comment se faire arrêter (?!). Ensuite, lors des arrestations de masse, les accusés savent donc comment se laisser traîner jusqu’au fourgon cellulaire. Enfin, en plaidant non-coupable, ils ne manquent pas de prolonger les délais de comparution.
Cependant, parce que la police a maintenant appris que d’arrêter trop de militants paralyse leur système judiciaire, elle a tendance à ramener quelques têtes pour justifier le spectacle, mais préfére néanmoins gazer et faire peur pour que les dissidents quittent les lieux. Des témoins lors de la manif " anti-mondialisation " de Washington ont même rapporté avoir vu des militants non-violents supplier la police de les arrêter. Il y a fort à parier que se faire arrêter deviendra de plus en plus difficile pour les adeptes de la non-violence.

Tercio, nous pouvons remettre en doute l’utilisation du terme non-violence par monsieur Duhamel. La non-violence est un moyen d’opposition qui rejette tout ce qu’on peut mettre dans le concept de ‘violence’ pour arriver à ses fins. Or , nous pouvons déduire des discours de SalAMI que cette violence comprend les attaques à la propriété privée.
Un problème majeur vient du fait que certains groupes considèrent ces propriétés du pouvoir comme étant illégitimes puisqu’elles sont le fruit d’une exploitation. Ces groupes ne condamnent donc pas les actions agissant directement sur la propriété, contrairement à ce que Duhamel enseigne dans son école du militantisme. À plusieurs reprises, Philippe Duhamel a dénoncé les agissements de ces groupes définis comme étant " violents " et enseigne même des techniques d’arrestations civiles lors de ses séjours de formation pour contrer ce " fléau ".
Le ‘duhamélisme’ ne condamne pas seulement les attaques sur la personne, en l’occurrence les forces policières venues pour brutalement réprimer la tentative de bloquer, pacifiquement ou non, les réunions économiques perpétuant l’exploitation capitaliste sous prétexte que ces manifestations constituent une attaque à la liberté d’expression des argentiers et de leurs valets; SalAMI condamne aussi la destruction des boutiques des multinationales et l’utilisation de graffiti comme moyens de lutte, protégeant du coup le capital des corporations qui devront payer le prix de la destruction de leur Nike, Gap et autre McShit impérialistes dont l’existence à elle seule empêche la solution à des problèmes aussi graves que la destruction de l’écosphère, l’exploitation par le travail, le patriarcat, et j’en passe…

Ces contradictions de la méthode d’action directe non-violente sauce SalAMI apportent leur lot d’embûches lorsque confrontés à la construction d’un mouvement social.
L’existence d’une lutte pacifique à l’intérieur d’un mouvement de contestation hétéroclite lui confère de facto le monopole des bonnes intentions face à l’opinion publique. Dès lors, les mass-médias définissent les pacifistes condamnant les ‘casseurs’ comme étant les seuls ‘gestionnaires éclairés’ de la construction du mouvement social. De ce point de vue, il est clair que la violence vient alors ternir l’image de la résistance des " vedettes " activistes.

Pourtant, la répression du vandalisme et de l’autodéfense contribue au travers les mass-médias à la volonté du pouvoir de minimiser l’importance des revendications des manifestants. La dénonciation à laquelle Duhamel se livre nuit à l’image publique de sa cause (la même que les casseurs) et contribue à créer un climat de peur qui vise à empêcher les citoyens à descendre dans la rue et exprimer leur dissidence. Si Duhamel définit ces gens comme des criminels de la même façon que la police, qui osera aller manifester dans le futur ?

Une autre contradiction émanant de cette malheureuse collaboration avec la police est en lien avec la volonté de surchauffer la bureaucratie juridique. Les charges criminelles qui pèsent sur les ‘casseurs’ pour avoir pitché d’la roche à des roboflics engorgeront sûrement les cours de justice beaucoup plus longtemps que le simple ‘entrave à un agent de la paix’ des salamistes. Et que penser de ‘l’attroupement illégal’, un article qui devrait être contesté devant les tribunaux tant son application contrevient à la Charte des Droits et Libertés. Alors pourquoi SalAMI dénoncent-ils leurs camarades dans le combat commun contre la démocratie libérale capitaliste et ses ravages sur l’environnement naturel et social ?

Le problème n’est pas tant lié à l’impossibilité de cohabitation entre les deux grands moyens de lutte, mais plutôt au dogmatisme qu’entraîne la pratique de la non-violence chez SalAMI.

Duhamel prêche la pensée unique de la résistance : celle de l’arrestation volontaire de militants non-violents.

La dénonciation des attaques contre la propriété privée et le bras armé de l’État constitue un dogmatisme qui n’est que la reproduction du schéma de la pensée unique que ces mêmes militants contestent dans les décisions politico-économiques de nos dirigeants. Elle sert aux casseurs le même message que nos décideurs servent à leur tour à SalAMI : ‘restez-en à des manifs avec permis et pancartes’ ou encore ‘faites de la non-violence une fin et non un moyen’. Cette attitude traduit une incompréhensible volonté de ‘gérer’ un mouvement fractal.
SalAMI fait justement état de la convergence des intérêts des décideurs et de leur insouciance face aux demandes de la société civile. " Au cœur de la mission de SalAMI, peut-on encore lire sur le Web, réside la volonté de créer à long terme une nouvelle forme de pouvoir social susceptible de contrer et de renverser les dynamiques d'appauvrissement et de destruction accélérées qui accompagnent la mainmise de l'élite financière et politique sur les ressources et les peuples du monde. " SalAMI lutte donc pour une démocratie plurielle, respectueuse des libertés civiles. Pourtant, tout comme le pouvoir marginalise la pauvreté, SalAMI marginalise des gens déjà sensibilisés à la cause qu’elle veut défendre.

Cette volonté d’imposer aux autres son moyen de lutte démontre aussi une ignorance inquiétante de l’histoire des mouvements sociaux, qui ne se sont pas toujours construits avec des roses blanches. Les duhamélistes aiment bien citer les grandes figures du pacifisme (Luther King, Gandhi, …) pour démontrer l’efficacité de la méthode non-violente. Sans vouloir minimiser les réussites d’une telle méthode, une simple analyse de la situation sociale des groupes défendus par ces personnalités suffira à démontrer l’arbitraire des réalisations de ce mouvement. Le racisme et l’exploitation des afro-américains est au beau fixe depuis longtemps tout comme la pauvreté et l’impérialisme qui sévit en Inde. De quoi laisser croire que les tentatives pacifistes nuisent difficilement au capitalisme …au même titre que leur moyen de lutte semble ‘mass-médiatiquement’ accepté.
Croire que de s’asseoir dans la rue et se laisser arrêter est la seule façon de manifester et aller même jusqu’à obliger les autres à employer les mêmes moyens est malhonnête. Croire que de combattre la résistance ‘violente’ avant la fin de la violence structurelle du capitalisme constitue une fin en soi est extrêmement naïf. La " dysnéification " de la résistance est un rêve à éviter puisqu’on en ressort vite amer et résigné. On devrait quelquefois remercier les anarchistes d’être au premier rang si la police considère qu’un feu de poubelle constitue une raison valable pour déclarer l’émeute et faire usage de la matraque, du poivre de Cayenne et de la cavalerie comme ce fût le cas devant le Sheraton lors de la réunion du G20.

Le problème du respect de la propriété privée met en relief un autre problème : celui de la difficile unité de la gauche.

Si, pour un bon nombre de militants, la solution aux problèmes d’inégalité sociale passe par la réforme des institutions économiques en place, la mondialisation de la pauvreté a eu pour effet de radicaliser une importante branche de la gauche pour qui le néolibéralisme n’est que la suite logique du développement historique du capitalisme. Cette fraction ne croit plus qu’une réforme des structures existantes soit possible pour enrayer la pauvreté. Elle prône plutôt leur abolition pure et simple pour pouvoir en rebâtir de nouvelles qui soient soucieuses de la vie humaine. Ces militants sont issus de toute la ‘diaspora’ de la gauche, mis-à-part les sociaux-démocrates, et ont comme point commun d’être socialistes et libertaires.

Dans l’optique ou nous ne sommes peut-être qu’à la naissance d’un mouvement social qui s’étendra sûrement sur de très longues années, il semble nécessaire de 1) mettre de côté la spécificité des revendications de chacun et 2) réunir tous les intervenants ne croyant plus dans des réformes via les moyens internes au capitalisme dans le but avoué de faire front commun dans la lutte au pouvoir. Cette union ne peut se faire qu’à deux conditions : 1) la fin de la dérive autoritaire de certains acteurs du militantisme et 2) la fin de l’élitisme qui va à l’encontre des individualités de l’engagement. En raison de l’absurde manque de finalité de la résistance, on doit cesser de croire que des groupes ou individus peuvent en ‘gérer’ sa construction. De plus, on doit cesser d’analyser les moyens de lutte en termes de " productivité ", car cela équivaut non seulement à utiliser la rhétorique de l’ennemi, mais aussi à employer un terme incapable d’honorer la fonction qu’on veut lui attribuer. Les moyens de contestaitons ne changent rien; les alternatives culturelles, si. Pour citer encore une fois la mission de SalAMI : " Le moyen favorisé passe par l'exercice d'un pouvoir citoyen direct qui se reconstitue par le biais d'une démocratie participative enracinée dans des communautés de base et des groupements affinitaires. " Une vision constructive d’une alternative au capitalisme est conséquente avec une telle affirmation.

Qu’on me comprenne bien, le but n’est pas de convaincre Duhamel de se mettre au lancer du Molotov, mais plutôt d’insister sur l’urgence de s’occuper de la convergence des idées entre chacun des groupes. Le travail de SalAMI est remarquable, mais le travail des anarchistes l’est tout autant. Cessons d’être le sale ami de l’autre et travaillons donc ensemble à l’auto-défense face à l’exploiteur; si ce n’est pas de la solidarité non-violente, ça ! Malcolm X et Luther King n’ont jamais condamné les Black Panthers ou l’organisation MOVE à ce que je sache (et qu’on me corrige si j’ai tort!).
Michel Chartrand avait refusé de condamner le FLQ en ’70. En bon pacifiste, il s’était quand même retrouvé derrière les barreaux, tout comme un millier de personnes à ce moment-là emprisonnées par la police sans motif valable. À l’approche du Sommet des Amériques, alors qu’on nous promet une répression sans précédent dans l’histoire du Canada avec la mise à la disposition d’une prison complète pour baîllonner les manifestants, il serait utile de regarder en arrière et de constater que tous paieront les frais de la pensée dissidente.
Les duhamélistes, animés, je crois, de motivations aussi valables que n’importe quel autre groupe militant, peuvent-il alors cesser leur dénonciation du Black Bloc ? Et le Black Bloc, pour faire sa part, peut-il se manifester aussi ailleurs que dans les manifs ? Avons-nous tant besoin de la masse pour nous convaincre que la destruction d’un McDo est légitime ?

Mathieu Grondin (mattlegrind@hotmail.com)

www.quebec2001.org


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