De plus en plus de gens constatent que les plaintes en déontologie
policière ne changent rien à la situation de répression générale que
nous vivons. Les flics agissent en corps, le corps de police, et se
défendent en tant que tel. Les manifestations année après année contre
la brutalité policière avec leur lot d’arrestations ne sont que tout au
plus une occasion de se rencontrer autour de notre rage, mais sont
souvent plus un gros show. Plusieurs se disent que c’est aussi une bonne
occasion pour les flics de raffiner leurs tactiques, de mettre à
l’épreuve leurs équipements, leurs pratiques en tant que groupe, de
ficher les contestataires, de réprimer davantage… Si la manifestation
annuelle et les plaintes en déontologie policière échouent et que l’État
policier est de plus en plus puissant, c’est aussi parce que souvent
nous refusons d’envisager la guerre sociale continue que les
corporations, les États, les flics, les armées et tant d’autres groupes
formés pour nous assujettir nous mènent. Nous vivons en plein centre
d’une guerre globale qui nous est livrée à tous les jours dont les
meurtres et les guerres ne sont que des exemples ultimes. Le
capitalisme, le colonialisme et le patriarcat s’imposent dans toute leur
violence. Nous en sommes guerre permanente malgré nous. Nous
préfèrerions l’amour, la solidarité, la vie… mais on nous laisse pas
d’autre choix.
Dans ce cadre, attaquer matériellement les rouages de
notre exploitation est une nécessité constante. Quand nous cessons de
manifester dans un encadrement prêt à tout pour nous encercler, nous
arrêter… si souvent si facilement, que nous passons à la
contre-offensive là quand ils ne s’y attendent pas, ils sentent leur
faiblesse. Cette faiblesse demande à être davantage explorée. Les
actions comme l’action à Montréal de 20 personnes masquées détruisant
11 voitures de police et leurs ordinateurs sans arrestation sont
exemplaires de ce qui peut arriver avec le maximum de perturbation et le
minimum de répression. C’est ce que nous avons vécu dans le processus
de lutte contre les Olympiques de 2010. La plupart des actions
clandestines menées par des groupes d’affinité n’ont amené que très très
peu d’arrestations et un maximum de destruction matérielle contre les
puissances qui nous oppriment. Si ces actions étaient davantage
soutenues, collectives, nous finirions par faire trembler des parties
importantes de ce système.
Si ces forces ne nous attaquaient pas à tous les
jours, nous aurions certes mieux à faire que de nous organiser pour
détruire leurs infrastructures. Mais ils nous imposent la guerre.
Dans cette situation, des camps s’établissent.
À Vancouver, par la démonstration de rue Heart
Attack, tout un débat a été lancé et durera sans doute entre les
pacifistes non-violents dogmatiques qui servent le système par leur
réformisme et la véritable opposition à ce système d’exploitation.
Chaque fois que nous portons des coups plus durs face à ce système qui
nous détruit collectivement ainsi que tout ce qu’il y a de liberté et de
vie dans le vivant dont nous faisons partie, il y a des gens qui se
dénoncent eux-mêmes dans leur collaboration. Il y a ceux et celles qui
s’opposent à nous et qui choisissent de défendre le monde de la
destruction. Mais il y a aussi celles et ceux qui choisissent de se
battre pour la vie, la solidarité, la liberté. Nous sommes du côté de la
vie.
C’est pourquoi comme diraient certainEs, nous sommes
d’émeutes et d’amour.
C’est à tous les jours que nous devons nous
regrouper pour faire face à cette réalité. C’est à tous les jours qu’on
nous attaque.
Au kkkanada, les warriors indigènes par leur défense assez
constante des territoires, par leur existence davantage organique à la
terre mère, par leur détermination à bloquer les processus de conquête,
par leur solidarité à leurs peuples, par leurs actions de perturbation,
de bloquage et de sabotage, ne peuvent être qu’une inspiration majeure.
C’est d’elles et d’eux dont nous pouvons recevoir le leadership sous
forme d’inspiration et non d’oppression et avec elles et eux que nous
pouvons nous lier dans le cadre de cette guerre.
En tant que descendantEs des conquêtes, fabriquéEs
par le système qui mène la guerre, mais en rupture, nous ne pouvons que
nous positionner du côté de la résistance indigène, par la solidarité au
quotidien tout comme pour les actions.
Dans le cadre de cette guerre, la solidarité
implique l’attaque. C’est pourquoi nous n’avons pas d’autre choix.
Mais pour mieux attaquer, nous devons aussi mieux
nous enraciner. Nous devons nous construire en tant que communautés
davantage liées, en partage, en support constant, construire dans les
quartiers comme sur les terres nos solidarités et notre puissance.
Il est nécessaire de constater également que nous ne
devons pas attendre de G8, G20, d’Olympiques… pour nous mobiliser, car
ces événements ne sont que des événements particuliers inscrits dans une
guerre permanente. Nous laissons prendre racines à toutes ces choses et
à bien d’autres en ne nous organisant pas pour nous défendre au
quotidien et non simplement lors de convergences. Les convergences
pendant ces événements demeurent relativement symboliques alors que
notre vie est fondamentalement matérielle. C’est davantage
matériellement que nous devons attaquer les institutions qui nous
exploitent. C’est pourquoi font davantage sens grèves sauvages, blocage,
sabotage, destruction de propriété, émeutes, confrontation physique…
C’est une guerre.
Nous n’avons pour l’instant aucun moyen de faire la
guerre frontalement contre ce système tout puissant. C’est pourquoi il
est toujours mieux de contre-attaquer sans prévenir et le plus possible
dans l’anonymat.
Dans cette situation, les manifestations annoncées
peuvent nous servir surtout de points de rencontre et d’expression.
Quand elles réussissent aussi à perturber, c’est toujours ça de gagner.
Mais la manifestation ne saurait suffire en elle-même. Nous avons
souvent trop répété cette stratégie sans résultats importants. Les
manifs contre la brutalité policière ou contre la police en tant que
telle et contre la guerre en sont des exemples très concrets. Cette
police et cette guerre continuent. La répression est globale.
Que notre solidarité insurgée continue à se
globaliser ! Du commun et de l’insurrection !
reçu
d’un anonyme
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