Leo était recherché par l’antiterrorisme avec un mandat d’arrêt
international du procureur de Florence depuis 2008, dans une de ses
nombreuses tentatives d’instruire une énième enquête contre le
mouvement anarchiste toscan. Les compagnon/nes avaient été accusés
d’association subversive dans un but terroriste, et pour certains,
d’avoir commis l’attaque à main armée d’un bureau de poste afin de
s’autofinancer.
L’accusation d’association de malfaiteurs ne s’est dégonflée que lors des
audiences préliminaires, sans avoir pu pour autant éviter la détention
préventive en maison d’arrêt de plus de six mois pour Paula et plus de
deux ans pour Daniel et Francesco. Lors du procès, expéditif comme
d’habitude, Francesco et Daniel ont été condamnés à 4 ans pour vol, tandis
que Léo était poursuivi pour les mêmes faits et son jugement repoussé.
Tous-tes les autres compagnonnes et compagnons ont été reconnu-es
non-coupables d’association à visée terroriste et subversion de l’ordre
démocratique (article 270bis du code pénal italien).
Depuis 2008, Léo était considéré comme fugitif, car introuvable jusqu’à
son arrestation il y a quelques jours dans les environs de Vintimille par
la brigade d’intervention du ministère de l’intérieur (l’UCIGOS). La
compagnonne qui était avec lui au moment de son interpellation a été
remise en liberté, mais est toujours soupçonnée de complicité.
Avec Léo, en plus de dix années d’activités au Silvestre, dans le quartier
jouxtant les rues Fucini et Del Cuore à Pise, nous avons partagé tant de
luttes pour la libération de la terre, pour la libération animale, et
contre bien d’autres saloperies. En tant que rédacteur depuis des années
pour Terra Selvagia, nous avons certainement traversé ensemble les années
les plus difficiles en Italie pour l’importance de ces luttes, dans des
temps où elles se sont affaiblies, ou ont été assimilées à la soupe
insipide du réformisme vert. Il y a une urgence à agir qui commence
maintenant à se faire ressentir en face du scenario d’une terre a l’agonie
et d’un contexte social de plus en plus virtuel.
Partout dans le monde, de plus en plus de rage et de colère sont réprimées
sans vergogne, et ce sont toutes sortes d’expressions de résistances et de
dissidences qui sont assimilées au terrorisme, spécialement lorsqu’elles
dérangent et s’avèrent être irrécupérables. Nous ne pouvons pas rester
assis à regarder ce système nous enterrer, il nous faut ensemble
l’empêcher d’étouffer le moindre germe de révolte, pour qu’il ne puisse
pas s’insurger contre toutes ces machines de destruction.
Vouloir la libération de Léo, c’est vouloir poursuivre la lutte contre ce
système techno-industriel et ses milliers d’effets nocifs, dont Léo a
toujours été un ennemi implacable, raison pour laquelle il est aujourd’hui
en prison.
Exprimons toute notre solidarité et notre soutien à Léo, et à tous ceux
qui quotidiennement représentent un obstacle pour ce système mortifère.
Liberté pour Léo,
Liberté pour tous/tes les prisonniers/ères révolutionnaires
Il Silvestre,
le 9 novembre 2009.
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