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  Post� le mardi 22 septembre 2009 @ 04:18:58 by anarkorevolter
Contributed by: anarkorevolter
GuerreChili : Lettre de Diego Rios, compagnon dans la nature suite aux perquisitions des squats de Santiago/Pudahuel

A toutes les compagnes et compagnons que le désir de récupérer leur vie pousse à se mettre en guerre :

Comme beaucoup le savent déjà, il y a quelques semaines la police a perquisitionné dans le centre de Santiago une maison inoccupée appartenant à ma mère, dans laquelle se trouvaient deux sacs contenant divers matériels pour fabriquer des explosifs.

Depuis lors, je suis recherché et poursuivi par l’Etat et ses appareils répressifs. Je m’en suis rendu compte par la surveillance grossière d’appels téléphoniques. Quelques heures plus tard, j’ai appris la perquisition du Centre Social et Bibliothèque Libertaire Jhonny Cariqueo. C’est l’endroit où je vis et la police est entrée soi-disant pour demander où j’étais. Ne m’y trouvant pas (et ne recevant aucune collaboration), ils ont pris tous les textes, publications et matériels de propagande qu’ils ont pu trouver ( ils ont déjà dû entendre ce refrain connu selon lequel “... la propagande est une arme ...”). Alors, j’ai décidé de m’enfuir, même si je ne suis coupable de rien, pas plus qu’innocent d’ailleurs... je suis simplement leur ennemi. Je ne me rappelle ni le jour ni le lieu, mais il y a longtemps déjà que je me suis rendu compte que je ne peux (ni veux) vivre tranquille ou en paix et que j’ai décidé de compliquer ma vie au point de rendre impossible tout retour en arrière ... Depuis lors, je suis l’ennemi déclaré de l’ordre existant, ennemi de la société, de toute forme d’autorité et d’exploitation, bourgeoise ou prolétaire. J’ai compris que la lutte pour la liberté c’est la guerre que mène chaque individu pour reprendre sa vie en main. C’est refuser de faire partie des masses, que d’autres pensent pour toi et te disent comment agir ; c’est rejeter les idéologies et les nombres tout comme les rôles chargés de conformisme et de passivité qui assurent au quotidien la continuité du système (quelque soit la rhétorique révolutionnaire dont ils se parent). J’ai découvert que celles et ceux qui m’ont accompagné dans les étapes significatives de ma vie et dans les attaques concrètes (matérielles et idéologiques) contre le capitalisme ne voyaient pas l’horizontalité comme un simple vote, mais comme le partage de la confiance et du désir de détruire tout ce qui nous opprime. La relation avec mes frères et sœurs m’a fait comprendre que l’arme la plus efficace, c’est ce bouleversement qualitatif qui consiste à tenter au quotidien de transformer nos vies entières en propagande par le fait, en attaquant le capital. Nous avons découvert au jour le jour que dans chaque élan destructeur nous créons quelque chose, quelque chose qui nous renforce et voilà ce qui agite mon esprit et conforte mes convictions aujourd’hui, c’est cette fierté de se sentir digne et conséquent.
Ces derniers jours, je n’ai pu m’empêcher de me souvenir des mots qu’a dit un prisonnier : “nous les anarchistes, nous avons génétiquement la prison dans le sang”, c’est peut être vrai d’une certaine manière : Nous savons toutes et tous que la prison est une conséquence possible pour celles et ceux qui assument le fait de défier l’Etat et le Capital comme position d’action et non comme un simple simulacre révolutionnaire leur permettant de poursuivre une vie confortable et sure. Mais j’ai aussi la certitude que la guerre consiste en partie à multiplier et aiguiser les attaques en veillant au maximum, sur la base de nos recherches et de nos plans, à ne pas tomber dans les griffes de l’ennemi. Je vais éloigner le plus possible la prison de ma vie, sans pour autant sombrer dans la paralysie (que ce soit par peur ou par autosatisfaction). C’est pourquoi, j’assume mes erreurs et je fais mon autocritique : pour nourrir et aiguiser ma pratique insurrectionnelle. Aujourd’hui, je considère comme une nécessité concrète que les groupes d’affinité qui sont passés à l’action s’occupent de mettre sur pied une infrastructure autonome (dans tous les sens) qui leur permette de développer leurs projets avec plus de sécurité et de confiance. Je suis tombé sur cette erreur, mais je crois que nous les antiautoritaires devrions être comme les saumons : nous devons apprendre de chaque chute et continuer fermement à contre-courant.
Que tous mes frères et sœurs de qui je m’éloigne aujourd’hui sachent que je les aime et que je sens ce qu’ils sont les seuls à pouvoir comprendre ... Et que mes ennemis qui analysent ce texte, que ce soit pour me localiser ou écrire une réponse académique /idéologique éprouvent d’ici mon plus profond mépris pour la vie qu’ils ont choisie et qu’ils défendent. Axel Osorio, Cristian Cancino et tant d’autres ... je vous envoie par ces lignes mes salutations les plus affectueuses et soyez certains que beaucoup dehors s’intéressent à votre vie et luttent au quotidien pour détruire ce qui aujourd’hui retient vos corps. Mais je crois que même la prison ne peut arrêter la lutte contre le pouvoir.

Pour la destruction de toutes les prisons et de toutes les cages.

“Faisons la guerre à la société”


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